Le risque vibratoire

Dans le cadre de leurs activités, de nombreux professionnels ont recours à des appareils émettant de fortes vibrations. Bien que souvent négligée, une telle situation n’est pas sans impact sur la santé des travailleurs. Afin d’y remédier convenablement, la mise en place de mécanismes de prévention s’avère indispensable. De même, l’élaboration d’un cadre réglementaire tenant compte de chaque domaine d’activité doit être envisagée. Tour d’horizon sur les risques vibratoires en milieu professionnel.

État des lieux des risques vibratoires

Loin d’être une situation ponctuelle, les vibrations en milieu professionnel constituent un problème d’une grande ampleur. En effet, de multiples statistiques indiquent qu’en France, environ 4 millions d’ouvriers font face à cette réalité. Cela s’explique notamment par l’utilisation d’appareils techniques comme les meuleuses, les marteaux-piqueurs ou encore les déboulonneuses.

Bien entendu, l’usage de tels équipements n’est pas sans conséquences sur la santé et entraîne habituellement des pathologies. Notez toutefois que la gravité des troubles engendrés dépend surtout de nombreux paramètres. Il s’agit notamment :

  • de la fréquence d’utilisation de la machine ;
  • du temps d’exposition ;
  • de la force vibratoire.

En plus de ces facteurs, la partie du corps touchée par les tressautements de la machine est à considérer. Comme vous pouvez l’imaginer, l’impact n’est pas le même selon qu’il s’agit de la partie supérieure ou inférieure.

Les types de vibration

Bien que les vibrations en milieu professionnel constituent généralement un problème unique, elles peuvent être distinguées en 2 catégories.

Les secousses affectant tout le corps

Avec plus de 2 millions de personnes touchées, les vibrations affectant l’ensemble du corps sont les plus courantes. Les principales victimes sont notamment les conducteurs d’engins lourds ou de chariots. Ce sont donc les ouvriers intervenant dans le secteur du BTP ou de la logistique qui sont habituellement concernés.

Les secousses affectant le haut du corps

Touchant environ 1,5 million de travailleurs, les vibrations des membres supérieurs sont plutôt relatives aux machines portatives ou manuelles. Outre le BTP, ces outils sont surtout employés dans le domaine de la métallurgie et de l’entretien des espaces verts. De même, les acteurs de l’industrie mécanique sont concernés par ce genre de désagréments.

Une situation sous-estimée

Véritable problème de santé publique, les risques vibratoires sont à l’origine de nombreuses pathologies assez importantes.

Des pathologies sous-déclarées

Les personnes affectées dans l’ensemble de leurs corps présentent généralement des hernies discales et souffrent de douleurs dorso-lombaires. Les utilisateurs d’appareils manuels quant à eux présentent plutôt des nécroses des os du poignet et une arthropathie du coude. Compte tenu de leur gravité, ces maux ont été reconnus comme étant des maladies professionnelles. Toutefois, force est de constater que de nombreux malades ne déclarent pas leur pathologie comme étant liée à leur travail.

En 2018 par exemple, seulement 421 cas ont été recensés comme émanant des vibrations affectant l’ensemble du corps. Parallèlement, 119 patients ont été enregistrés comme travaillant avec des outils manuels. En fait, ces chiffres sont largement en dessous du nombre de personnes réellement exposées à ce genre de situation. Cela amène les spécialistes de la santé du travail à conclure que les pathologies liées aux risques vibratoires sont fortement sous-déclarées.

Des dispositions correctives

Afin d’encourager le travail des personnes concernées par les troubles liés aux vibrations, des plafonds d’exposition quotidienne ont été légalement définis. Ces dispositions figurent notamment dans le Code du travail et varient suivant chaque partie du corps. Pour ce faire, une évaluation comparative entre les risques vibratoires et les maladies professionnelles classiques est indispensable.

Ces études tiennent compte du temps d’utilisation de la machine ainsi que de l’intensité des secousses émises. Par ailleurs, la déclaration des troubles sanitaires incombe désormais au chef d’entreprise et non à l’employé. Afin de respecter aisément cette exigence, les entrepreneurs d’une application dénommée OSEV. Grâce à cet outil, les patrons peuvent obtenir facilement une appréciation de l’exposition journalière de chaque employé.

Précaution d’usage des appareils vibratoires

Si de nombreux fabricants indiquent la valeur vibratoire sur leurs produits, certains experts estiment ces chiffres peu fiables. En effet, ils ne sont pas obtenus sur la base d’essais effectués dans des situations réelles. Ainsi, les engins et véhicules lourds doivent être utilisés de préférence sur une route aussi lisse que possible.

De plus, ils doivent avancer à une vitesse assez faible afin de réduire au maximum les désagréments dus aux soubresauts. Il est également possible d’équiper l’engin avec un siège doté d’une suspension pneumatique. De la sorte, les secousses seront amorties de manière efficiente. Notez que ces équipements doivent régulièrement être entretenus pour maintenir leur performance.

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