Le bruit, comment limiter les conséquences?

Dans notre système de santé, une prévention renforcée et modernisée des troubles de l’audition auprès des jeunes travailleurs, est parue dans une loi de janvier 2016. Preuve que la situation mérite qu’on s’y attarde, en France, plus de 3 millions de travailleurs sont exposés à un niveau sonore trop élevé sur leur lieu de travail, sans compter le moment où ils rentrent chez eux, à travers les rues assourdissantes de nos villes.


Il faut savoir que l’ouïe commence à être en situation de danger à partir de 80 dB(A), en tenant compte d’une exposition aux bruits sur une journée de 8 heures. Plus les personnes s’exposent aux bruits, plus ils risquent que s’aggrave leur santé. À un niveau supérieur à 135 dB(A), la personne est en réel danger.

Existe-t-il des bons ou des mauvais bruits ?


En dehors du monde de l’entreprise et du travail, tout le monde peut être victime, à un moment ou un autre, des effets sonores amplifiés. Il n’y a qu’à croiser une circulation dense aux heures de pointe dans les villes ou aux abords des grandes routes pour ressentir les effets néfastes du bruit, comme le mal de tête ou une grande fatigue, une fois rentrés chez vous, à l’abri derrière vos triples vitrages.


D’autres exemples semblent moins dangereux, puisque censés être reposants : la musique ! Oui, il y a musique et musique. Celle que vous appréciez en douceur dans votre salon confortable ou celle d’un concert de rock déchaîné. Les risques du concert : des sifflements d’oreilles ou bourdonnements (appelés acouphènes) entraînent régulièrement une diminution de l’acuité auditive. Cette déficience de l’audition a tendance à disparaître avec le temps, en évitant de renouveler l’expérience, trop souvent. Prévention du bruit utile et indispensable en concert, éloignez-vous des haut-parleurs.


D’autres facteurs aggravants, comme des explosions, peuvent rendre sourds, cela dépend de la puissance de la déflagration ainsi que de la distance. Parfois, une seule explosion suffit pour entraîner une déchirure du tympan, ou sous une tout autre forme, les casques défectueux des opérateurs qui passent leur journée à répondre dans les centres d’appels téléphoniques. Ces personnes, elles aussi, ont régulièrement des problèmes d’audition.

Le rôle de l’entreprise


En entreprise, la situation est différente. Elle ne dépend pas de l’individu libre de ses actes, mais du personnel, des employés et de la direction. Les employeurs se doivent de prendre les mesures nécessaires qui s’imposent, en fonction du niveau sonore lié aux appareils bruyants sur lesquels les employés passent souvent leurs journées entières à travailler. Il est facile d’évaluer, d’un petit test, ce niveau de dangerosité sonore sans avoir un appareil de mesure à portée de main : si vous êtes obligé de forcer votre voix, au point de crier pour communiquer avec un collègue qui n’est qu’à 1 mètre de vous, il est évident que le niveau sonore est trop élevé.

Tester votre ouïe


Un système d’évaluation performant permet de dépister les employés trop exposés aux nuisances sonores. Le procédé Echoscan (produit par l’INRS), teste le fonctionnement des oreilles moyennes et internes.


Être exposé, de manière prolongée, aux bruits de fortes intensités endommage les cellules ciliées de l’oreille interne. Ces cellules, munies de petits cils sur leur surface, sont les récepteurs sensoriels de votre oreille interne. Si ces mini cils sont détruits, la surdité est irréversible.

Le bruit excessif, un véritable virus sans véritable vaccin


Ce genre de complications arrive moins en entreprise, à partir du moment où les consignes de protection sont respectées. Une évaluation des risques pour le personnel ainsi qu’un mesurage des niveaux sonores auxquels sont exposés les employés sont nécessaires. La valeur d’exposition aux bruits ne doit pas dépasser 87 dB(A). Les Protections auditives comme les casques antibruit ou les bouchons d’oreilles peuvent être efficaces, mais faut-il encore se procurer du matériel de protection de qualité éprouvée. Des études ont démontré que le degré de protection de certains appareils ne correspond pas toujours à la réalité. D’où l’importance de prendre ses précautions, et de tester son audition de façon régulière. Négliger ce fait peut avoir de graves conséquences sur la fatigue auditive, et dans le pire des cas, mené à la surdité. Si l’un de vos employés commence à ressentir des troubles de la concentration ou du sommeil, une élévation de la tension artérielle, des troubles psychiques tels que de l’irritabilité, de l’humeur changeante… il risque fort de subir un accident du travail, qui peut s’avérer plus ou moins grave en fonction de la machine utilisée. Tous ces signes devraient alerter son entourage dans l’entreprise et remonter de toute urgence à la direction du personnel, pour la sauvegarde de l’employé et peut-être de ses collègues de travail.

Le bon équilibre : ne pas entendre


C’est aussi pourquoi le responsable d’une société doit faire son maximum pour se tenir au courant des dernières nouveautés en Protection auditives. Ainsi que pour le confort et la protection de ses employés, la formation des collaborateurs au risque bruit, est un bon moyen de gérer efficacement l’un des plus graves désagréments de l’époque actuelle.

Traumatisme du bruit


Les traumatismes sonores, dans le cadre de l’entreprise, sont reconnus comme un accident du travail. Parfois, des appareils auditifs permettent d’améliorer ce genre de handicap, mais rien ne permet encore de guérir réellement ces pertes d’auditions.


Par les articles de R. 4213-5 à R. 4213-6 et de R. 4431-1 à R. 4437-4, du Code du travail, vous trouverez les références correspondant aux risques potentiels liés à l’état de santé des personnes exposées aux bruits. Ils vous renseignent sur les règles de prévention. Vos droits à un suivi individuel sont communiqués par les articles R.4435-2 à R.4436-1.

Liste des règles de prevention au risque Bruit:


• Agir dans l’espace de travail

• Diminuer le bruit à la source

• Créer des machines silencieuses

• Annoncer le niveau sonore des machines

• Dès la création des locaux, insonoriser la surface où seront installés des équipements de travail émettant un niveau sonore supérieur à 85 dB(A)

• Diminuer la réverbération

• Éviter que le bruit ne se propage vers d’autres locaux

• Réduction du bruit dans les locaux

• Pratiquer les principes généraux de prévention

• Diminuer le niveau sonore sur le lieu de travail

• Utiliser les locaux comme ils étaient prévus à la base.

Les milieux professionnels les plus atteints par les nuisances sonores


Sans surprise, le secteur BTP (Bâtiment et Travaux Public) est le plus touché par les nuisances sonores, et cela malgré les progrès réalisés dans les entreprises afin d’en maîtriser au mieux les dangers. Machines bruyantes, les engins de chantier sont soumis à des règles en la matière. Un étiquetage indiquant leur niveau acoustique est obligatoire, et des horaires stricts leur sont imposés en fonction des habitations aux alentours.


Cependant, les engins de chantier, la machinerie, et la menuiserie, ont toujours un niveau trop élevé, même si des règles et des progrès ont été réalisés. La Prévention du bruit reste encore le moyen le plus sûr afin de protéger les ouvriers.


En 2018 une enquête de l’Ifop et de l’association JNA révèle que 59% des actifs déplorent une sonorité trop conséquente à leur travail. Parmi les plus exposés, le secteur de l’industrie avec 69%, vient ensuite la construction 67%, sans oublier les employés du tertiaire, la majorité avec 20 millions d’employés sur un total de 24 millions.


Le secteur tertiaire est exposé à une multitude de nuisances sonores qui proviennent des activités environnementales, en dehors des bureaux souvent (open-spaces), telles une rue tonitruante chargée de piétons, de voitures, de camions ou de bus, les métros pour certaines agglomérations, les trains, et toujours les éternels travaux de rues.

Un impact qui a des résonnances


Nous rappelons que travailler dans le bruit affecte le rendement et les capacités des individus dans le milieu du travail. L’impact sur la santé a été démontré mais cela affecte également le système économique d’un pays.


À ce jour, la prévention et la surveillance médicale restent les principales solutions à la santé auditive de tout un chacun. Mais le Risque Bruit est un combat de chaque jour auquel chacun doit être sensibilisé afin d’en réduire, voire d’éliminer les consequences.

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