Exposition à l’amiante. Qui est concerné? Comment prévenir ce risque?

Jusqu’à 500 fois plus fines qu’un cheveu, les fibres d’amiante ne sont pas visibles à l’œil nu dans les poussières de l’atmosphère. Si vous avez la malchance d’inhaler des poussières d’amiante, elles se déposent au fond de vos poumons. Cela est susceptible d’engendrer de graves maladies respiratoires. Tous les ans, l’amiante est à l’origine d’environ 4 000 maladies liées au travail. Ce qui fait de lui la deuxième cause de maladies professionnelles. Tout individu reconnu victime a droit à une indemnisation du préjudice subi.

Qu’est-ce que l’amiante ?

L’amiante est aussi appelé asbeste, du latin « asbestos », qui signifie littéralement incombustible. Ce terme fait référence à un ensemble de silicates fibreux qui se distinguent par leur résistance au feu. Deux groupes minéralogiques ont fait l’objet d’une exploitation industrielle et commerciale, à savoir les serpentines et les amphiboles. Le premier ne comporte qu’une seule variété d’amiante: la chrysotile. Le second compte plusieurs variétés dont les plus utilisées sont la crocidolite et l’amosite.

Quelle que soit sa variété, l’amiante est essentiellement constitué de silicium et d’oxygène. D’autres éléments peuvent être liés aux atomes d’oxygène comme le fer et le magnésium. À l’état naturel, des minéraux siliceux non fibreux peuvent aussi être présents comme le quartz et le feldspath. Au cours du 20e siècle, l’amiante a été très utilisé, notamment dans le bâtiment, en raison de ses propriétés et de son faible coût. De plus, sa nature dangereuse n’avait pas encore été établie à l’époque.

En dehors de sa résistance au feu et de son coût peu onéreux, l’amiante est doté de nombreuses autres caractéristiques intéressantes. Il présente entre autres une faible conductivité thermique, acoustique et électrique. Ce qui en fait un bon isolant. Élastique, il est aussi résistant à la traction, à la flexion et à l’usure. De même, il affiche une bonne résistance aux agressions chimiques. Enfin, il est possible de filer et de tisser ses fibres.

Quels sont les risques et les maladies associés à l’amiante ?

Bien que l’amiante de type crocidolite soit considéré comme étant le plus nocif, toutes les variétés sont néfastes pour l’organisme humain. À cause de leur finesse et de leur grande volatilité, les fibres d’amiante sont facilement inhalables. Pis, elles sont susceptibles de pénétrer dans les alvéoles de vos poumons et de provoquer d’importantes lésions. Et comme elles sont biopersistantes, elles restent dans le corps et génèrent ensuite une multitude de maladies.

L’exposition aux fibres d’amiante augmente le risque de cancer. Il s’agit notamment des cancers qui atteignent le revêtement des cavités pulmonaires ou le revêtement de la cavité pleurale. Cela favorise également la survenue d’autres maladies non cancéreuses comme les plaques de sclérose et les épanchements pleuraux. La sclérose du tissu pulmonaire ou asbestose a pour effet de réduire la fonction respiratoire et peut entraîner une insuffisance respiratoire mortelle.

En général, il s’écoule un délai entre 20 et 40 ans avant les premières manifestations d’une maladie liée à l’amiante. Ce long temps de latence entre l’exposition et l’apparition des symptômes rend son traitement délicat. Pour information, un matériau amianté en bon état ne représente pas un risque pour la santé. Le réel danger est que ses fibres se retrouvent dans l’air quand il est en mauvais état. Néanmoins, une exposition faible et de courte durée n’est pas significative.

Quels corps de métier sont les plus exposés à ces risques ?

Les activités les plus susceptibles d’exposer à l’amiante sont liées à la production d’amiante et la fabrication de matériaux et objets en contenant. Comme elles ont déjà été interdites depuis des décennies, elles ne constituent plus aujourd’hui une source d’inhalation. En revanche, les personnes qui travaillent sur les chantiers de démolition, de désamiantage ou de maintenance avec intervention sur différents matériaux amiantés sont grandement exposées.

Dans la pratique, l’exposition à l’amiante concerne surtout le secteur du bâtiment. À cet effet, divers métiers, activités et situations peuvent exposer au risque d’inhalation:

o Travaux de second œuvre (plomberie et chauffage, maçonnerie, charpente et couverture, peinture, plâtrerie, isolation thermique, etc.).

o Travaux de désamiantage en bâtiment ou sur des équipements fixes et mobiles.

o Travaux d’entretien et de maintenance (nettoyage ou décapage du sol, contrôle des systèmes de protection contre les incendies, etc.).

o Travaux de rénovation et de démolition…

D’autres secteurs d’activité sont touchés, mais dans une moindre mesure. Néanmoins, les risques d’exposition aux fibres d’amiante existent, mais faibles pour les métiers concernés:

o Conducteurs de travaux dans l’industrie (fonderie, four, etc.).

o Techniciens de réparation et de démantèlement des avions.

o Techniciens de réparation et de démantèlement des navires.

o Techniciens de réparation et de démantèlement des wagons.

o Techniciens de laboratoire de prélèvement et d’analyse d’amiante…

Que dit la règlementation sur les risques d’exposition à l’amiante?

L’interdiction de l’amiante et des matériaux qui en contiennent est en vigueur depuis janvier 1997. Elle touche toutes les variétés de fibres sans exception. Cette décision a été actée par le décret N° 96-1133 en date du 24 décembre 1996. À l’heure actuelle, la règlementation s’articule autour des trois objectifs qu’elle poursuit.

Protection des travailleurs

La règlementation impose à toutes les entreprises de travaux de retrait et d’encapsulage d’amiante l’obtention d’une certification par l’un des organismes certificateurs accrédités. Cela implique donc le respect des mesures de protection collective et des équipements de protection individuelle pour les travailleurs. Ces derniers doivent en plus recevoir une formation spécifique sur l’amiante.

Protection de la population

La protection de la population contre les risques d’une exposition à l’amiante est aussi une priorité des législateurs. À ce titre, la règlementation définit les mesures de recherche et de surveillance de l’état de conservation des matériaux amiantés dans les immeubles bâtis. Ainsi, la tenue d’un dossier technique est obligatoire pour déterminer la nécessité ou non de procéder au retrait.

Protection de l’environnement

Depuis 2012, il est interdit d’éliminer les matériaux amiantés dans une installation de stockage de déchets inertes ou ISDI. D’autres textes règlementaires encadrent les installations classées et les traitements des déchets amiantés.

Comment prévenir et réduire les risques d’exposition à l’amiante ?

Malgré l’interdiction de l’amiante depuis 1997, les matériaux amiantés sont encore présents dans beaucoup de bâtiments et de matériels. Il est donc indispensable de protéger adéquatement les travailleurs qui interviennent pour leur traitement ou leur enlèvement. Avant de procéder à leur retrait ou leur encapsulage, il est obligatoire d’évaluer les risques et d’effectuer un diagnostique amiante. Cela permet de déterminer les méthodes de travail adaptées pour maîtriser efficacement les émissions de fibres. Cette évaluation vise aussi à identifier les mesures de protection collective et individuelle appropriées.

Par ailleurs, il est impératif de considérer chaque chantier comme un cas particulier. Ce qui implique la mise en place des règles de prévention d’exposition à l’amiante en adéquation avec la situation. Ainsi, il faut tenir compte de la configuration des lieux, de la superficie à traiter, du type de bâtiment, etc. Comme l’évaluation des risques de l’amiante comprend différentes étapes, l’entreprise de désamiantage est tenue de décrire chacun des processus utilisés notamment dans le Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels ou DUERP, avant de les classer en trois niveaux selon le niveau d’empoussièrement. Enfin, tous les travailleurs spécialisés doivent aussi recevoir une formation sous-section 4 ou SS4 sur les risques de l’amiante.

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