La CAPEB Rhône et Grand Lyon souligne l’importance de la prévention de la santé des chefs d’entreprise

Dans un contexte de plus en plus stressant

Les artisans du bâtiment ont toujours été confrontés à des situations stressantes liées aux relations de travail, aux clients et aux délais serrés.

Cependant, la récente pandémie a entraîné une augmentation de ces situations stressantes :

  • Pénurie de matériaux : le bois, l’acier, l’aluminium, ainsi que la colle, le plâtre, le matériel électrique et de plomberie, tous les corps de métier sont touchés par une diminution des stocks.
  • Allongement des délais d’approvisionnement et de livraison sans précédent. Cela entraîne une augmentation des coûts pouvant atteindre jusqu’à 30 %. Les entreprises du bâtiment se retrouvent prises en étau entre des prix injustifiables pour les clients et difficilement reportables, ce qui les contraint souvent à absorber ces hausses et à impacter leurs marges.
  • Les chantiers, incapables d’être terminés dans les délais impartis, génèrent des indemnités de retard et rencontrent de grandes difficultés pour rembourser les Prêts Garantis par l’État (PGE) accordés pendant les différents confinements.

Ces problèmes sont liés :

  • Aux grands enjeux de société liés à la prise de conscience environnementale tels que la qualité de l’air, la rénovation énergétique, les problèmes de stationnement et plus récemment l’introduction des Zones à Faibles Émissions (ZFE) dans les grands centres urbains.
  • À la pénurie de main-d’œuvre : déjà sensible dès 2019, ce phénomène est encore amplifié par le ralentissement de la formation, le blocage de la main-d’œuvre étrangère et les mouvements de main-d’œuvre liés aux pressions salariales.
  • Au poids des démarches administratives : en plus du temps moyen de travail consacré chaque année par les petites et moyennes entreprises (PME) pour ces démarches, l’annonce de nouveaux dispositifs tels que la Prime Rénov est conçue davantage pour les grandes entreprises que pour les artisans. Cette situation s’aggrave alors que le taux de chômage dans le Rhône est de 6,5 %, se rapprochant ainsi du plein emploi.

Les solutions spécifiques au secteur du bâtiment

La CAPEB Rhône et Grand Lyon constate une augmentation significative des appels de détresse de chefs d’entreprise et des demandes d’informations sur la cessation d’activité. Depuis septembre 2022, ces appels ont même doublé.

En plus des moyens existants tels que les travaux de l’Observatoire Amarok, qui offre une prise en charge rapide des travailleurs indépendants avec son réseau de psychologues cliniciens pour prévenir les troubles post-traumatiques, et l’Iris (Institut de Recherche et d’Innovation sur la Santé et la Sécurité au Travail) dédié aux artisans du BTP-Paysage, qui développe des solutions et des outils adaptés et innovants pour la prévention des risques professionnels, la CAPEB Rhône et Grand Lyon met en place une série d’outils et d’accompagnement :

  • L’ensemble de ses services tels que l’aide juridique et sociale, l’emploi, la formation, l’économie et la qualification.
  • La présence d’administrateurs au sein de toutes les caisses sociales et autres organismes paritaires.

En termes de prévention, il est essentiel de se faire accompagner sur le plan personnel. C’est là que la plus grande force de l’organisation du bâtiment réside, avec l’entraide entre tous les adhérents du réseau. Les artisans et les petites entreprises du bâtiment ont toujours su s’adapter, et cela est encore plus crucial ces deux dernières années.

Outre le rappel de ses revendications, la CAPEB Rhône et Grand Lyon souligne que le besoin de trésorerie pour les artisans et les petites entreprises du bâtiment s’élève désormais en moyenne à 20 000 € pour le deuxième trimestre consécutif, une situation qui ne s’était pas produite depuis sept ans en dehors des périodes de confinement.

Les revendications de la CAPEB

Face aux difficultés d’approvisionnement et aux hausses de prix qui en résultent, ainsi qu’à l’augmentation des prix de l’énergie et des carburants, le réseau CAPEB se mobilise en demandant :

  • Le remboursement partiel de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE) pour les carburants utilisés par les véhicules professionnels, sur le modèle du secteur agricole et des travaux publics.
  • Une garantie que les banques et les assureurs-crédits ne dégradent pas la cotation des entreprises lorsqu’elles décident de reporter le remboursement de leur PGE.
  • Une participation active des industriels, des négociants et des distributeurs au Comité de crise du BTP mis en place par le gouvernement, ainsi qu’une intégration du coût réel de la décarbonation dans leurs prix et une prise en charge des risques d’augmentation des prix par le biais d’une charte de solidarité.
  • L’obligation pour les fournisseurs de prévenir les entreprises du bâtiment de toute augmentation de prix au moins trois mois à l’avance, et de maintenir une stabilité des prix pendant au moins trois mois.
  • Une refonte accélérée du calcul des différents index BT et leur publication dans des délais rapides compte tenu de la crise actuelle.
  • L’application d’un taux réduit de TVA de 5,5 % pour l’ensemble des travaux de rénovation.
  • La mise en place automatique des pénalités de retard en cas de retard de paiement aux entreprises dans les marchés publics.
  • La création d’un mécanisme de bouclier tarifaire pour le coût de l’énergie au niveau européen et français, afin d’avoir une production industrielle à un coût maîtrisé et de garantir la continuité des politiques publiques de rénovation énergétique et environnementale menacées par la flambée des coûts des matériaux.

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