Risque Routier dans les Trajets Professionnels

Le risque routier lié aux trajets professionnels constitue la première cause de mortalité au travail en France. Ce risque ne doit pas être négligé dans les plans de prévention, surtout lorsque l’on considère également les trajets domicile-entreprise qui concernent quasiment tout le monde.

De nombreux secteurs d’activité exigent des salariés qu’ils utilisent un véhicule pour des déplacements professionnels tels que les visites chez les clients, la livraison de marchandises, la récupération de matériel, ou les déplacements vers des chantiers. Les occasions de se retrouver au volant sont fréquentes, et le kilométrage parcouru peut parfois être très important.

Par exemple, un commercial couvrant une région étendue peut facilement dépasser les 5000 km par mois, augmentant ainsi le risque d’accident. Tous ceux utilisant leur véhicule personnel pour se rendre au travail sont également exposés au risque routier professionnel, notamment dans le cadre des accidents de trajets.

Il est bien connu que le risque d’accident sur la route est réel, et les conséquences peuvent être graves tant pour les personnes blessées que pour les entreprises.

Cependant, il existe des moyens d’anticiper ce risque. Les services de prévention et de santé au travail proposent des actions de formation et de sensibilisation visant à transmettre des messages de prévention routière et à sensibiliser les collaborateurs aux bonnes pratiques. Il est également essentiel que les employeurs prennent des mesures telles que la non-sollicitation des salariés pendant leurs déplacements, l’organisation des tournées selon des plannings qui permettent des pauses adéquates, et d’autres initiatives visant à assurer la sécurité routière des employés.

La CAPEB Rhône et Grand Lyon souligne l’importance de la prévention de la santé des chefs d’entreprise

Dans un contexte de plus en plus stressant

Les artisans du bâtiment ont toujours été confrontés à des situations stressantes liées aux relations de travail, aux clients et aux délais serrés.

Cependant, la récente pandémie a entraîné une augmentation de ces situations stressantes :

  • Pénurie de matériaux : le bois, l’acier, l’aluminium, ainsi que la colle, le plâtre, le matériel électrique et de plomberie, tous les corps de métier sont touchés par une diminution des stocks.
  • Allongement des délais d’approvisionnement et de livraison sans précédent. Cela entraîne une augmentation des coûts pouvant atteindre jusqu’à 30 %. Les entreprises du bâtiment se retrouvent prises en étau entre des prix injustifiables pour les clients et difficilement reportables, ce qui les contraint souvent à absorber ces hausses et à impacter leurs marges.
  • Les chantiers, incapables d’être terminés dans les délais impartis, génèrent des indemnités de retard et rencontrent de grandes difficultés pour rembourser les Prêts Garantis par l’État (PGE) accordés pendant les différents confinements.

Ces problèmes sont liés :

  • Aux grands enjeux de société liés à la prise de conscience environnementale tels que la qualité de l’air, la rénovation énergétique, les problèmes de stationnement et plus récemment l’introduction des Zones à Faibles Émissions (ZFE) dans les grands centres urbains.
  • À la pénurie de main-d’œuvre : déjà sensible dès 2019, ce phénomène est encore amplifié par le ralentissement de la formation, le blocage de la main-d’œuvre étrangère et les mouvements de main-d’œuvre liés aux pressions salariales.
  • Au poids des démarches administratives : en plus du temps moyen de travail consacré chaque année par les petites et moyennes entreprises (PME) pour ces démarches, l’annonce de nouveaux dispositifs tels que la Prime Rénov est conçue davantage pour les grandes entreprises que pour les artisans. Cette situation s’aggrave alors que le taux de chômage dans le Rhône est de 6,5 %, se rapprochant ainsi du plein emploi.

Les solutions spécifiques au secteur du bâtiment

La CAPEB Rhône et Grand Lyon constate une augmentation significative des appels de détresse de chefs d’entreprise et des demandes d’informations sur la cessation d’activité. Depuis septembre 2022, ces appels ont même doublé.

En plus des moyens existants tels que les travaux de l’Observatoire Amarok, qui offre une prise en charge rapide des travailleurs indépendants avec son réseau de psychologues cliniciens pour prévenir les troubles post-traumatiques, et l’Iris (Institut de Recherche et d’Innovation sur la Santé et la Sécurité au Travail) dédié aux artisans du BTP-Paysage, qui développe des solutions et des outils adaptés et innovants pour la prévention des risques professionnels, la CAPEB Rhône et Grand Lyon met en place une série d’outils et d’accompagnement :

  • L’ensemble de ses services tels que l’aide juridique et sociale, l’emploi, la formation, l’économie et la qualification.
  • La présence d’administrateurs au sein de toutes les caisses sociales et autres organismes paritaires.

En termes de prévention, il est essentiel de se faire accompagner sur le plan personnel. C’est là que la plus grande force de l’organisation du bâtiment réside, avec l’entraide entre tous les adhérents du réseau. Les artisans et les petites entreprises du bâtiment ont toujours su s’adapter, et cela est encore plus crucial ces deux dernières années.

Outre le rappel de ses revendications, la CAPEB Rhône et Grand Lyon souligne que le besoin de trésorerie pour les artisans et les petites entreprises du bâtiment s’élève désormais en moyenne à 20 000 € pour le deuxième trimestre consécutif, une situation qui ne s’était pas produite depuis sept ans en dehors des périodes de confinement.

Les revendications de la CAPEB

Face aux difficultés d’approvisionnement et aux hausses de prix qui en résultent, ainsi qu’à l’augmentation des prix de l’énergie et des carburants, le réseau CAPEB se mobilise en demandant :

  • Le remboursement partiel de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE) pour les carburants utilisés par les véhicules professionnels, sur le modèle du secteur agricole et des travaux publics.
  • Une garantie que les banques et les assureurs-crédits ne dégradent pas la cotation des entreprises lorsqu’elles décident de reporter le remboursement de leur PGE.
  • Une participation active des industriels, des négociants et des distributeurs au Comité de crise du BTP mis en place par le gouvernement, ainsi qu’une intégration du coût réel de la décarbonation dans leurs prix et une prise en charge des risques d’augmentation des prix par le biais d’une charte de solidarité.
  • L’obligation pour les fournisseurs de prévenir les entreprises du bâtiment de toute augmentation de prix au moins trois mois à l’avance, et de maintenir une stabilité des prix pendant au moins trois mois.
  • Une refonte accélérée du calcul des différents index BT et leur publication dans des délais rapides compte tenu de la crise actuelle.
  • L’application d’un taux réduit de TVA de 5,5 % pour l’ensemble des travaux de rénovation.
  • La mise en place automatique des pénalités de retard en cas de retard de paiement aux entreprises dans les marchés publics.
  • La création d’un mécanisme de bouclier tarifaire pour le coût de l’énergie au niveau européen et français, afin d’avoir une production industrielle à un coût maîtrisé et de garantir la continuité des politiques publiques de rénovation énergétique et environnementale menacées par la flambée des coûts des matériaux.
Absence de Mesures de Prévention et Faute Inexcusable de l’Employeur

L’employeur a la responsabilité de garantir la sécurité de ses salariés en prenant toutes les mesures nécessaires, y compris l’aménagement des locaux. Le non-respect de ces obligations peut entraîner la responsabilité de l’employeur et, dans certains cas, être qualifié de faute inexcusable. La Cour de cassation a récemment illustré à nouveau cette notion.

Obligations de l’Employeur et Mesures de Prévention

Selon le Code du travail, l’employeur doit prendre des mesures, notamment :

  1. Prévention des risques professionnels : L’employeur doit mettre en place des actions de prévention des risques professionnels.
  2. Information et formation : Il doit informer et former les travailleurs sur les risques.
  3. Organisation adaptée : Une organisation et des moyens adaptés doivent être mis en place.

Ces mesures doivent être constamment adaptées aux circonstances.

Responsabilité en Cas d’Accident du Travail

En cas d’accident du travail résultant du non-respect de ces mesures, l’employeur peut voir sa « faute inexcusable » reconnue s’il avait conscience ou aurait dû avoir conscience du danger et n’a pas pris les dispositions nécessaires pour protéger les salariés. La reconnaissance de la faute inexcusable donne au salarié droit à une indemnisation plus favorable.

Illustration d’une Affaire

Un chef d’équipe logistique, victime d’un accident du travail, a saisi les juridictions pour faire reconnaître la faute inexcusable de son employeur. La cour d’appel a rejeté son recours, arguant que même si le transpalette se trouvait à un endroit inapproprié et que l’accident était dû à l’absence de marquage au sol, la faute inexcusable n’était pas caractérisée.

Le salarié reproche à la cour de ne pas avoir vérifié si l’employeur avait mis en place des mesures d’identification et de prévention des risques, conformément à la réglementation sur la sécurité des lieux de travail.

La Cour de cassation donne raison au salarié, soulignant que la cour d’appel aurait dû examiner si l’employeur avait mis en œuvre ces mesures. L’affaire doit donc être rejugée.

Conclusion

Cette affaire souligne l’importance pour les employeurs de mettre en place des mesures de prévention conformes à la réglementation. En cas d’accident du travail, l’absence de telles mesures peut conduire à la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur, avec des conséquences importantes sur le plan indemnitaire.

Comment et pourquoi ouvrir un compte AT/MP (accidents du travail et maladies professionnelles) pour gérer les risques professionnels ? 

L’ouverture d’un compte AT/MP, qui se fait en ligne sur le site net-entreprises.fr , est une démarche essentielle pour les entreprises afin de gérer les accidents du travail et les maladies professionnelles. Voici un guide pour vous aider à vous inscrire.

Processus d’inscription :

  1. Accédez au site net-entreprises.fr et suivez le processus d’inscription détaillé à partir de la page d’accueil.
  2. La création du compte est généralement finalisée dans un délai maximal de 24 heures.
  3. Si votre entreprise compte plusieurs établissements, vous pouvez y accéder à partir d’un seul compte AT/MP.

Objectifs du compte AT/MP :

Le compte AT/MP offre un accès en ligne à de nombreuses informations et services utiles pour les entreprises. Voici quelques-uns de ses avantages :

  1. Suivi des taux de cotisation AT/MP : Vous pouvez consulter les taux de cotisation AT/MP qui vous sont notifiés, ainsi que les détails de leur calcul. Cela vous permet d’avoir une vision claire des coûts liés aux risques professionnels.
  2. Gestion des sinistres : Vous pouvez suivre les sinistres récemment reconnus, ce qui vous permet de mieux comprendre et gérer les incidents survenus dans votre entreprise.

Obligation et pénalités :

Depuis le 1er janvier 2022, toutes les entreprises, quel que soit leur effectif, sont tenues de recevoir les décisions de taux de cotisation AT/MP de manière dématérialisée. Par conséquent, il est impératif de créer un compte AT/MP pour éviter les pénalités éventuelles.

Qui est concerné :

Toutes les entreprises soumises au régime général de la Sécurité sociale sont concernées par l’ouverture d’un compte AT/MP. De plus, les tiers déclarants tels que les experts-comptables peuvent accéder directement aux comptes AT/MP de leurs clients sur net-entreprises.fr, facilitant ainsi la gestion de leur portefeuille client.

N’oubliez pas de vous inscrire dès que possible pour bénéficier de tous les avantages et pour vous conformer à cette obligation légale.

Importance de l’Évolution du Droit du Travail face aux Canicules Futures

Les vagues de chaleur et les canicules récurrentes exigent une adaptation du droit du travail pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs. Les augmentations de température, source de dégradations sévères des conditions de travail, nécessitent des mesures spécifiques pour prévenir des conséquences graves, allant jusqu’à la mortalité.

Parmi les risques identifiés, on note l’aggravation de la pénibilité, des malaises, la déshydratation, les coups de chaleur, les accidents liés à une altération de la vigilance, et des risques psychosociaux dus aux situations de tension.

Actuellement, le droit du travail dispose de dispositions de sauvegarde de la santé pendant les épisodes caniculaires. Cependant, une protection plus efficace des travailleurs pourrait être assurée par l’adoption de nouveaux textes plus précis.

Principales Dispositions Actuelles

En vertu de son obligation légale de sécurité, tout employeur est tenu d’assurer la sécurité et la santé des travailleurs. Cela implique la mise en œuvre des principes généraux de prévention, comprenant une évaluation des risques professionnels. Cette évaluation, consignée dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), doit inclure les risques liés aux ambiances thermiques.

Les employeurs doivent définir et mettre en œuvre, après consultation des représentants des travailleurs, une politique de prévention efficace, en particulier face aux risques thermiques. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le DUERP doit également contenir un programme annuel détaillé de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail.

Des dispositions spécifiques obligent les employeurs à fournir de l’eau potable et fraîche, avec des quantités spécifiées pour le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Droits à Mobiliser en Cas de Températures Élevées

En cas de température élevée et de carence de l’entreprise en matière de prévention, divers droits peuvent être mobilisés pour protéger la santé des travailleurs. Cela inclut le droit d’alerte déclenché par les représentants élus du personnel, les propositions du médecin du travail, les interventions de l’inspection du travail, et même le droit pour un salarié de se retirer de son poste en cas de danger imminent.

Limites Actuelles et Besoin d’Évolution

Cependant, certaines imprécisions subsistent dans le droit actuel. Les termes tels que « conditions atmosphériques » ne sont pas clairement définis, et des notions telles que « température extrême » demeurent vagues. Des ajustements sont nécessaires pour refléter les réalités des changements climatiques.

Les plans et instructions récents des ministères de la Transition écologique et du Travail se concentrent principalement sur des actions informatives. Il est suggéré d’instaurer dans la loi des journées de travail réduites, mais aucun projet de loi concret n’est encore en vue.

Perspective Européenne

Au niveau européen, la Confédération européenne des syndicats (CES) plaide pour une législation sur les températures maximales de travail. L’introduction de « valeurs limites d’exposition » à la chaleur, similaire à celles existant pour les produits chimiques, est envisageable. Ces valeurs pourraient être basées sur divers paramètres, y compris des données personnelles telles que l’état de santé du salarié.

Conclusion

Les changements climatiques exigent une adaptation du droit du travail pour assurer la santé des travailleurs face aux températures extrêmes. Des clarifications sur des termes vagues et des ajustements dans les règles économiques sont nécessaires pour garantir une protection adéquate des travailleurs et une performance économique durable.

Réglementation et responsabilité du chef d’entreprise : les questions juridiques concernant le risque routier

La responsabilité du chef d’entreprise envers la sécurité de ses salariés est une obligation clairement définie par le Code du travail. Cela inclut également les déplacements professionnels, car confier un véhicule de l’entreprise à un salarié n’est pas anodin. Le risque routier constitue donc un enjeu majeur pour l’employeur, pouvant engager sa responsabilité civile et/ou pénale.

Même dans les petites structures, le chef d’entreprise doit prendre diverses mesures pour respecter son obligation de sécurité envers ses salariés. Cela comprend des actions d’information et de formation, des mesures de prévention concrètes et l’établissement d’une organisation et de moyens adaptés. Pour cela, il doit veiller à ce que ses salariés conducteurs respectent les règles, les contrôler et les sanctionner en cas de non-respect. De plus, il doit être attentif à l’état des véhicules qu’il met à leur disposition, qui sont également leurs outils de travail. Par conséquent, l’employeur doit se poser plusieurs questions pour s’assurer qu’il contribue efficacement à la réduction du risque routier au sein de son entreprise et connaître les risques encourus en cas de négligence.

Voici les questions essentielles que l’employeur doit se poser :

  1. Le salarié possède-t-il un permis de conduire valide ? L’employeur ne peut pas accéder au relevé d’information intégral de son salarié, mais il peut demander régulièrement la présentation physique du permis pour vérifier sa validité. Il peut également demander une déclaration sur l’honneur du salarié et lui rappeler d’informer immédiatement l’employeur en cas de suspension du permis.
  2. Le salarié dispose-t-il du permis adéquat pour conduire le véhicule qui lui est confié ? L’employeur doit s’assurer que le salarié possède le permis approprié, notamment pour la conduite d’un véhicule tractant une remorque. Différentes catégories de permis peuvent être nécessaires en fonction des caractéristiques du véhicule et de la remorque.
  3. Quels sont les documents obligatoires à bord du véhicule ? Outre le permis de conduire, le conducteur d’un véhicule d’entreprise doit pouvoir présenter d’autres documents obligatoires, tels que l’attestation d’assurance à jour, le certificat d’immatriculation avec le timbre du contrôle technique, et éventuellement le contrat de location. Certains documents supplémentaires peuvent être nécessaires pour les véhicules effectuant des missions spécifiques.
  4. Est-il nécessaire de rappeler au salarié les règles du Code de la route ? Bien que les conducteurs soient censés connaître les règles du Code de la route, il peut être utile de leur rappeler les principales règles à respecter, par exemple, via une note de service. Cela peut inclure des rappels sur les limitations de vitesse, l’interdiction d’utiliser le téléphone en conduisant, ou de conduire après avoir consommé.
La Prévention des Risques Professionnels chez les Artisans du Bâtiment : 3 Chiffres-Clés

1. Niveau de Connaissance et Sensibilisation :

  • 85% des entreprises artisanales du bâtiment se sentent concernées par la prévention des risques professionnels.
  • 75% déclarent être plutôt bien ou tout à fait informées sur les enjeux liés à la sécurité au travail.
  • Parmi les salariés, 45% se montrent conscients des risques. Cependant, 43% considèrent la prévention comme trop contraignante.

2. Identification des Risques Professionnels :

  • 57% des artisans identifient les chutes de hauteur comme un risque majeur.
  • 54% citent les contraintes physiques, et 32% mentionnent l’utilisation de machines et d’outils.
  • 93% estiment que leur expertise métier leur permet de mieux évaluer les risques.
  • 68% identifient les risques grâce aux échanges avec leurs collègues, et 56% utilisent le document unique.

3. Actions Mises en Place et Besoins d’Accompagnement :

  • 80% des entreprises rangent leurs chantiers, 66% vérifient les outils, et 58% contrôlent les véhicules.
  • Les actions de prévention les plus courantes visent l’amélioration de la performance et des conditions de travail.
  • 54% des chefs d’entreprises demandent des aides financières pour leurs actions de prévention.
  • 46% souhaitent des kits de communication adaptés à chaque métier, et 30% recherchent des modes opératoires pour les chantiers.

En Conclusion : Les artisans du bâtiment montrent une conscience élevée des risques professionnels, mais certains considèrent encore la prévention comme contraignante. La majorité des actions entreprises se concentrent sur l’amélioration des conditions de travail, et il y a une demande claire d’un appui technique, notamment sous forme d’aides financières et de kits de communication adaptés. La prévention est perçue comme une opportunité de gagner en performance économique.

Les défis professionnels des enseignants : une analyse approfondie

Introduction : Le secteur de l’enseignement, qui englobe la formation des élèves, des étudiants et des adultes en formation continue, présente de nombreux risques professionnels. Dans cet article, nous nous concentrerons sur l’enseignement traditionnel, où les enseignants dispensent des cours à des enfants et des adolescents, ce qui constitue la principale source d’emploi dans l’enseignement primaire et secondaire.

Contexte légal : Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est une obligation légale pour tous les employeurs en matière de santé et de sécurité. Chaque école et établissement scolaire doit en posséder un, régulièrement mis à jour. Les chefs de service sont chargés de veiller à la sécurité et à la santé des agents placés sous leur autorité, en prenant les mesures nécessaires pour prévenir les risques professionnels.

Les risques professionnels des enseignants :

  1. Évolution constante du secteur de l’enseignement : Les enseignants doivent faire face à des réformes fréquentes, ce qui peut entraîner une saturation et un taux d’échec élevé dans la mise en œuvre de ces changements.
  2. Tendances sociales et technologiques : Les conditions de travail des enseignants sont affectées par l’évolution des technologies et des comportements sociaux. Les enfants d’aujourd’hui sont exposés à divers médias et ont des attentes différentes en matière d’enseignement. Les violences intrafamiliales, les jeux vidéo violents et les comportements agressifs reproduits en classe contribuent également aux risques professionnels des enseignants.
  3. Environnement professionnel complexe : Certains enseignants travaillent dans des banlieues difficiles, avec une diversité culturelle importante et des familles ayant des attentes disproportionnées. Les relations hiérarchiques et le manque d’autonomie peuvent également générer du stress.
  4. Risques psychosociaux : Les enseignants sont exposés à de nombreux facteurs de stress, tels que le manque de confiance en soi, la démotivation, le sentiment d’incompétence, le manque d’autorité, les relations hiérarchiques défavorables et les comportements violents des élèves et des parents.

Risques physiques spécifiques : Les enseignants sont également exposés à des risques physiques spécifiques liés à leur profession, tels que les troubles de la voix dus à une utilisation intensive, les pathologies veineuses ou dorsales causées par une position debout prolongée et les expositions liées aux disciplines enseignées.

L’obligation de dépôt dématérialisé du DUERP : Où en sommes-nous à trois mois de l’échéance ?

À partir du 1er juillet 2023, les entreprises employant plus de 150 salariés auront une nouvelle obligation :

déposer le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et ses mises à jour sur un portail numérique national. Cette mesure, issue du dialogue social entre les partenaires sociaux, vise à renforcer la prévention en matière de santé et de conditions de travail.

Le contexte de cette nouvelle obligation Le DUERP a pour objectif de recenser collectivement les risques professionnels, notamment les expositions chimiques. Pour garantir une traçabilité sur 40 ans, il est nécessaire de conserver les différentes versions du document unique. C’est pourquoi les partenaires sociaux ont soutenu la création d’une version numérique du DUERP, conformément à la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021.

Les enjeux pour les entreprises Cette nouvelle obligation représente un défi majeur pour les entreprises. En effet, la traçabilité collective implique une transparence accrue et une meilleure visibilité de l’évaluation des risques réalisée par l’entreprise. Cela pourrait entraîner une intensification des contrôles et potentiellement des sanctions ou des responsabilités civiles/pénales. De plus, de nombreuses questions techniques demeurent en suspens, telles que l’interopérabilité avec le portail, la protection des données personnelles et la gestion des accès.

Le rôle des consultants formateurs indépendants dans le dépôt dématérialisé du DUERP Les consultants formateurs indépendants peuvent jouer un rôle essentiel en accompagnant les entreprises dans cette nouvelle obligation de dépôt dématérialisé du DUERP.

Voici quelques-unes des manières dont ils peuvent apporter leur aide :

Formation et sensibilisation : Les consultants formateurs peuvent proposer des formations sur le DUERP et son importance pour la santé et la sécurité au travail. Ils peuvent contribuer à sensibiliser les employés et les dirigeants sur l’importance de la traçabilité des risques professionnels et de la conservation des différentes versions du document unique.

Assistance technique : Les consultants formateurs peuvent également assister les entreprises dans les aspects techniques du dépôt dématérialisé du DUERP. Cela peut comprendre l’aide à la mise en place de systèmes de conservation des différentes versions du document unique, l’assistance pour assurer l’interopérabilité avec le portail numérique national et des conseils sur la protection des données personnelles.

Conseil stratégique Enfin, les consultants formateurs peuvent fournir des conseils stratégiques sur la gestion des risques liés à cette nouvelle obligation. Cela peut inclure des recommandations pour minimiser le risque de contrôles accrus, de sanctions éventuelles ou de responsabilités civiles/pénales.

Comprendre et prévenir les risques associés au travail de nuit

Au cours des dernières décennies, le travail de nuit a connu une augmentation significative en France, comme le révèle une récente enquête (1). Le nombre de travailleurs de nuit en France est passé de 3 670 000 en 1982 à 4 370 000 en 2015. De plus, la part du travail de nuit habituel a presque doublé, passant de 24 % en 1982 à 42 % en 2015.

Une des raisons de cette augmentation est l’abandon de la législation qui limitait le travail de nuit des femmes à certains secteurs jusqu’en 2001. Cela a entraîné une augmentation de 150 % du nombre de femmes effectuant un travail de nuit habituel entre 1982 et 2015. Cependant, le travail de nuit présente des risques spécifiques pour la santé, qu’il est important de comprendre, d’évaluer et de prévenir.

La revue Hygiène & sécurité au travail consacre son édition de mars au travail de nuit et aux moyens de prévenir efficacement les effets néfastes sur la santé des travailleurs (2). Voici les points clés à retenir :

Risques pour la santé physique liés au travail de nuit :

Des études épidémiologiques et des recherches cliniques ont démontré que le travail de nuit était associé à des troubles du sommeil, entraînant une perte d’une heure de sommeil en moyenne par jour (3). Il augmente également les troubles de la vigilance et le risque de somnolence, ce qui expose davantage aux accidents du travail. De plus, le travail de nuit est associé à un sur-risque de cancer du sein chez les femmes et à des risques accrus de fausse couche, d’accouchement prématuré et de retard de croissance intra-utérine en cas de grossesse. Il est également modérément lié à une augmentation des maladies cardiovasculaires, de l’indice de masse corporelle, de l’hypertension artérielle et du risque d’ulcère à l’estomac.

Risques pour la santé mentale liés au travail de nuit :

Les travailleurs soumis au travail de nuit sont plus exposés aux troubles psychiques, tels que la dépression et les troubles anxieux. De plus, un rapport d’expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) en 2016 souligne les impacts négatifs du travail de nuit sur la vie sociale et familiale (4). Les horaires atypiques entraînent des difficultés d’organisation dans la vie extraprofessionnelle, des altérations des relations familiales et des perturbations psychologiques dues à la culpabilité et à la frustration engendrées par ces situations.

Perturbation du métabolisme causée par le travail de nuit :

Les effets néfastes du travail de nuit sur la santé s’expliquent par le fait que tous les êtres vivants suivent des rythmes biologiques. Notre corps est conçu pour alterner entre phases d’activité et de repos, ainsi que des phases de consommation énergétique élevée et faible au cours d’un cycle de 24 heures