La quête de sens au travail : Les travailleurs français en recherche d’épanouissement professionnel

La quête de sens au travail : Les travailleurs français en recherche d’épanouissement professionnel

Selon une enquête menée récemment par Opinion Way pour l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), près de 40 % des travailleurs français envisageraient de changer d’emploi s’ils pouvaient trouver plus de sens dans leur travail. Cette constatation est préoccupante dans un contexte marqué par des difficultés de recrutement. Cependant, il convient de tempérer ce résultat, car plus de 80 % des actifs estiment actuellement que leur travail a du sens. Richard Abadie, directeur général de l’Anact, explique que ces données apparemment contradictoires soulignent simplement l’aspiration largement partagée à bien accomplir son travail.

Utilité, valeurs concordantes et épanouissement professionnel

Mais quels critères les salariés utilisent-ils pour juger si leur travail a du sens ou non ?

Les travailleurs interrogés mettent en avant trois dimensions essentielles :

  1. Le sentiment d’utilité dans leur métier, que ce soit en se sentant utiles à la société, à la population, aux clients ou à l’entreprise.
  2. La concordance entre leurs valeurs personnelles et professionnelles.
  3. La capacité de leur travail à contribuer à leur développement personnel, en offrant la possibilité de s’exprimer, d’apprendre, de progresser, d’évoluer professionnellement, d’avoir un esprit d’équipe constructif et des relations positives.

Pour des démarches axées sur la qualité de vie au travail et les conditions de travail

Richard Abadie souligne que, contrairement à l’idée selon laquelle la quête de sens au travail est principalement individuelle, répondre à ces aspirations nécessite des démarches collectives visant à mieux reconnaître le travail, à le réaliser dans de bonnes conditions et à construire des parcours professionnels pour tous. Les démarches axées sur la qualité de vie au travail et les conditions de travail sont des leviers permettant de progresser dans ces directions. Les employeurs peuvent encore faire des progrès dans ce domaine, car 32 % des actifs interrogés déclarent souffrir d’un manque de reconnaissance, 32 % aspirent à des pratiques managériales plus en accord avec leurs valeurs et 24 % souhaitent travailler dans de meilleures conditions.

Les conditions de travail, un facteur déterminant du sens au travail

Les conditions de travail, en commençant par la disponibilité d’un environnement de travail sûr et sain, sont un levier essentiel du sens au travail. Comme le rappelle Matthieu Pavageau, directeur technique et scientifique de l’Anact, « les conditions de travail déterminent notre capacité à bien accomplir notre travail » ou non.

La CAPEB Rhône et Grand Lyon souligne l’importance de la prévention de la santé des chefs d’entreprise

La CAPEB Rhône et Grand Lyon souligne l’importance de la prévention de la santé des chefs d’entreprise

Dans un contexte de plus en plus stressant

Les artisans du bâtiment ont toujours été confrontés à des situations stressantes liées aux relations de travail, aux clients et aux délais serrés.

Cependant, la récente pandémie a entraîné une augmentation de ces situations stressantes :

  • Pénurie de matériaux : le bois, l’acier, l’aluminium, ainsi que la colle, le plâtre, le matériel électrique et de plomberie, tous les corps de métier sont touchés par une diminution des stocks.
  • Allongement des délais d’approvisionnement et de livraison sans précédent. Cela entraîne une augmentation des coûts pouvant atteindre jusqu’à 30 %. Les entreprises du bâtiment se retrouvent prises en étau entre des prix injustifiables pour les clients et difficilement reportables, ce qui les contraint souvent à absorber ces hausses et à impacter leurs marges.
  • Les chantiers, incapables d’être terminés dans les délais impartis, génèrent des indemnités de retard et rencontrent de grandes difficultés pour rembourser les Prêts Garantis par l’État (PGE) accordés pendant les différents confinements.

Ces problèmes sont liés :

  • Aux grands enjeux de société liés à la prise de conscience environnementale tels que la qualité de l’air, la rénovation énergétique, les problèmes de stationnement et plus récemment l’introduction des Zones à Faibles Émissions (ZFE) dans les grands centres urbains.
  • À la pénurie de main-d’œuvre : déjà sensible dès 2019, ce phénomène est encore amplifié par le ralentissement de la formation, le blocage de la main-d’œuvre étrangère et les mouvements de main-d’œuvre liés aux pressions salariales.
  • Au poids des démarches administratives : en plus du temps moyen de travail consacré chaque année par les petites et moyennes entreprises (PME) pour ces démarches, l’annonce de nouveaux dispositifs tels que la Prime Rénov est conçue davantage pour les grandes entreprises que pour les artisans. Cette situation s’aggrave alors que le taux de chômage dans le Rhône est de 6,5 %, se rapprochant ainsi du plein emploi.

Les solutions spécifiques au secteur du bâtiment

La CAPEB Rhône et Grand Lyon constate une augmentation significative des appels de détresse de chefs d’entreprise et des demandes d’informations sur la cessation d’activité. Depuis septembre 2022, ces appels ont même doublé.

En plus des moyens existants tels que les travaux de l’Observatoire Amarok, qui offre une prise en charge rapide des travailleurs indépendants avec son réseau de psychologues cliniciens pour prévenir les troubles post-traumatiques, et l’Iris (Institut de Recherche et d’Innovation sur la Santé et la Sécurité au Travail) dédié aux artisans du BTP-Paysage, qui développe des solutions et des outils adaptés et innovants pour la prévention des risques professionnels, la CAPEB Rhône et Grand Lyon met en place une série d’outils et d’accompagnement :

  • L’ensemble de ses services tels que l’aide juridique et sociale, l’emploi, la formation, l’économie et la qualification.
  • La présence d’administrateurs au sein de toutes les caisses sociales et autres organismes paritaires.

En termes de prévention, il est essentiel de se faire accompagner sur le plan personnel. C’est là que la plus grande force de l’organisation du bâtiment réside, avec l’entraide entre tous les adhérents du réseau. Les artisans et les petites entreprises du bâtiment ont toujours su s’adapter, et cela est encore plus crucial ces deux dernières années.

Outre le rappel de ses revendications, la CAPEB Rhône et Grand Lyon souligne que le besoin de trésorerie pour les artisans et les petites entreprises du bâtiment s’élève désormais en moyenne à 20 000 € pour le deuxième trimestre consécutif, une situation qui ne s’était pas produite depuis sept ans en dehors des périodes de confinement.

Les revendications de la CAPEB

Face aux difficultés d’approvisionnement et aux hausses de prix qui en résultent, ainsi qu’à l’augmentation des prix de l’énergie et des carburants, le réseau CAPEB se mobilise en demandant :

  • Le remboursement partiel de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE) pour les carburants utilisés par les véhicules professionnels, sur le modèle du secteur agricole et des travaux publics.
  • Une garantie que les banques et les assureurs-crédits ne dégradent pas la cotation des entreprises lorsqu’elles décident de reporter le remboursement de leur PGE.
  • Une participation active des industriels, des négociants et des distributeurs au Comité de crise du BTP mis en place par le gouvernement, ainsi qu’une intégration du coût réel de la décarbonation dans leurs prix et une prise en charge des risques d’augmentation des prix par le biais d’une charte de solidarité.
  • L’obligation pour les fournisseurs de prévenir les entreprises du bâtiment de toute augmentation de prix au moins trois mois à l’avance, et de maintenir une stabilité des prix pendant au moins trois mois.
  • Une refonte accélérée du calcul des différents index BT et leur publication dans des délais rapides compte tenu de la crise actuelle.
  • L’application d’un taux réduit de TVA de 5,5 % pour l’ensemble des travaux de rénovation.
  • La mise en place automatique des pénalités de retard en cas de retard de paiement aux entreprises dans les marchés publics.
  • La création d’un mécanisme de bouclier tarifaire pour le coût de l’énergie au niveau européen et français, afin d’avoir une production industrielle à un coût maîtrisé et de garantir la continuité des politiques publiques de rénovation énergétique et environnementale menacées par la flambée des coûts des matériaux.
Récompenses pour la prévention des risques liés au travail en hauteur dans le secteur de la construction

Récompenses pour la prévention des risques liés au travail en hauteur dans le secteur de la construction

L’Assurance Maladie-Risques professionnels mène le programme « Risques Chutes Pros BTP« , qui vise à accompagner 300 maîtres d’ouvrage sur 500 opérations de construction depuis 2021. L’objectif est d’intégrer dans les marchés de travaux des mesures permettant de contrôler les risques liés au travail en hauteur, à la logistique, à l’hygiène et aux conditions de travail, ainsi qu’aux interventions ultérieures sur les ouvrages, etc.

Récompensant les initiatives exemplaires en matière de prévention des risques, l’Assurance Maladie-Risques professionnels a récemment distingué cinq opérations de construction identifiées par son réseau.

Les lauréats sont les suivants :

  • Dans la catégorie constructeur de maisons individuelles : CAAP Habitat, pour sa démarche globale soutenue par la Carsat Nord-Est.
  • Dans la catégorie promoteur immobilier : Pro & Immo pour son projet « Les fermes de Michelle », accompagné par la Carsat Sud-Est.
  • Dans la catégorie maître d’ouvrage exploitant : Grand Nancy Thermal Développement pour son opération au Complexe thermal, accompagné par la Carsat Nord-Est.
  • Dans la catégorie collectivité locale et établissement public : Tandem pour son projet de la Maison de santé, accompagné par la Carsat Bourgogne-Franche-Comté.
  • Dans la catégorie bailleur social : Tours Habitat pour son opération « Clos Moreau », accompagné par la Carsat Centre-Val de Loire.
Guide pour les employeurs : prévention des risques

Guide pour les employeurs : prévention des risques

Créer une culture de prévention des risques professionnels

La loi du 2 août 2021 intitulée « Santé au Travail » a récemment renforcé les mesures de prévention des risques professionnels au sein des entreprises. Bien que les risques liés au travail soient inévitables, il est possible de les réduire et de les maîtriser. Dans cette optique, la Carsat Hauts-de-France a mis en place des actions visant à améliorer les conditions de travail des salariés tout en favorisant la compétitivité des entreprises grâce à une gamme complète de services comprenant des aides financières, des formations et des conseils.

Les missions de la Carsat Hauts-de-France

La Carsat Hauts-de-France, qui signifie Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail, se concentre sur trois missions principales. Tout d’abord, elle s’engage dans la prévention des risques professionnels en entreprise. Ensuite, elle accompagne et soutient les assurés qui rencontrent des difficultés. Enfin, elle prépare et verse les pensions de retraite aux salariés du régime général et aux travailleurs indépendants. En tant qu’interlocuteur privilégié des entreprises, en particulier des PME, des TPE, des indépendants et des salariés de la région Hauts-de-France, la Carsat joue un rôle crucial tout au long de la vie professionnelle des individus, y compris lors de leur départ à la retraite.

 Sensibilisation et accompagnement pour réduire les risques professionnels

En tant qu’assureur du risque professionnel, la Carsat joue un rôle clé dans la définition des primes et cotisations des entreprises, ainsi que dans leur démarche de prévention. Les enjeux liés à la santé au travail sont multiples, allant de la santé et de la sécurité des salariés à l’impact de l’absentéisme sur la performance des entreprises. Afin de relever ces défis, il est essentiel de sensibiliser, accompagner, outiller, former et conseiller les entreprises dans leur démarche de prévention. La Carsat met en place des interventions directes sur les lieux de travail et collabore avec les différentes branches professionnelles pour évaluer les risques professionnels. De plus, elle favorise l’autonomie des entreprises en offrant des formations aux salariés. Pour cela, la Carsat mobilise une équipe d’ingénieurs et d’experts pluridisciplinaires. Elle dispose également d’un Centre de Mesures Physiques et d’un laboratoire de chimie-toxicologie, qui effectuent des évaluations et des analyses pour réduire l’exposition des salariés à des risques physiques, tels que les nuisances sonores ou les substances chimiques.

 Prévention des risques professionnels pour une meilleure efficacité

L’utilisation des services de la Carsat présente de nombreux avantages pour les entreprises. Des témoignages d’entreprises comme Mondial Relay et les Terrasses de la Scarpe, un Ehpad, soulignent les bénéfices obtenus grâce à la mise en place de mesures de prévention. Ces mesures vont au-delà de l’utilisation d’outils techniques et permettent de repenser les postes de travail pour les rendre plus efficaces et rentables. La Carsat propose également des aides financières aux entreprises de moins de 200 salariés, ce qui leur permet d’investir dans des équipements, des formations et des conseils dispensés par des consultants. Ces aides ont un impact positif sur le développement économique local.

La Carsat Hauts-de-France joue un rôle essentiel dans la création d’une culture de prévention des risques professionnels au sein des entreprises. En sensibilisant, accompagnant et formant les employeurs, elle contribue à améliorer les conditions de travail des salariés et la rentabilité des entreprises. Les services et les aides financières proposés par la Carsat permettent aux entreprises de mettre en place des mesures de prévention efficaces et de favoriser un environnement de travail sûr et productif.