Introduction
Le Sénat, via sa délégation aux droits des femmes, sonne l’alarme dans son dernier rapport, « Santé des femmes au travail : des maux invisibles ». Ce document, fruit du travail de cinq sénatrices de divers horizons politiques, dévoile des lacunes majeures dans la prévention des risques professionnels chez les femmes et émet 23 recommandations essentielles.
Des Risques Invisibles
Premier constat, les risques pour la santé liés au travail chez les femmes sont souvent « largement méconnus et minimisés ». Le rapport souligne une invisibilisation des atteintes à la santé, créant des lacunes critiques dans la prévention et la réparation des dommages.
Exposition Différenciée
Les femmes sont majoritairement exposées à des risques invisibles et silencieux liés à une usure physique et psychique, tandis que les hommes sont plus confrontés à des dangers visibles. Les tâches répétitives et les contraintes professionnelles imposées aux femmes sont soulignées.
Une Prévention Pensée pour les Hommes
Le rapport pointe du doigt que la prévention des risques professionnels a été initialement pensée pour les travailleurs masculins. Les postes de travail et les équipements de protection individuelle (EPI) ne sont souvent pas adaptés à la morphologie féminine.
Des Politiques de Réparation Inadaptées
Les politiques publiques actuelles, y compris la définition des critères de pénibilité, semblent suivre la perception traditionnelle que la pénibilité concerne principalement le travail masculin. Cela se reflète dans le faible pourcentage de femmes concernées par le compte personnel de prévention (C2P).
Cancers Professionnels Féminins Ignorés
Les cancers professionnels chez les femmes sont souvent ignorés, et les critères de reconnaissance des maladies professionnelles ne tiennent pas compte des spécificités féminines. La récente reconnaissance d’un cancer du sein comme maladie professionnelle en 2023 met en lumière ces négligences.
Recommandations pour un Avenir Équitable
Le rapport formule 23 recommandations pour une prise en compte équitable des risques au féminin. Parmi celles-ci, on trouve des appels à une approche genrée dans la prévention, l’application stricte du DUERP genré, la formation des acteurs de la prévention à une perspective de genre, et la révision des critères de pénibilité.