Les conséquences psychologiques de la COVID-19 et comment les combattre ?

L’apparition brutale d’une situation jusqu’ici inconnue, le confinement, les chiffres de malades et de morts déversés tous les soirs à la télévision, la distanciation sociale, toutes ces paramètres nouveaux ont eu sur chacun de nous, à plus ou moins grande échelle, des effets de stress et d’anxiété. Quelles en sont les manifestations, et quelles sont les solutions pour les combattre ou du moins les atténuer ?

Réactions diverses liées à la situation de pandémie

La situation actuelle de pandémie est une situation inhabituelle. Il y a bien sûr les symptômes physiques liés à la maladie, mais d’autres troubles, psychiques cette fois-ci, sont tout aussi inquiétants et doivent alerter en particulier les acteurs du monde du travail.

Stress, anxiété, déprime et dépression

Ces trois réactions devant une situation difficile nous affectent plus ou moins, selon les personnes.

Le stress est une réaction normale de notre organisme face à une situation imprévue mais bien définie. Le fait de devoir porter un masque, surtout au début lorsque nous n’y étions pas habitués, de se faire tester, de monter dans un transport en commun bondé en temps de pandémie, sont des situations qui peuvent entraîner des montées de stress. Nous sommes tous sujets au stress.

L’anxiété se situe à un niveau supérieur du trouble, face à quelque chose que nous anticipons, mais qui n’est pas réellement établi. L’angoisse d’être contaminé, de tomber malade, d’aller en service de réanimation. L’angoisse également de jours incertains pour ceux qui ont une activité impactée par les restrictions (restaurateurs, professionnels de la culture). L’angoisse peut atteindre chez certains des niveaux élevés.

La déprime est un état de lassitude qui risque de s’installer durablement. Surtout pour les personnes seules, le fait de ne plus avoir de lien social, de rester chez soi en télétravail, de ne plus avoir de sorties pour se défouler, soirées entre amis, boites de nuit, match de foot, peut finir par avoir un impact très fort sur le moral, d’où une grande lassitude, qui peut conduire à la dépression.

Manifestations de ces états psychologiques face à la Covid-19

Ce climat de peur : peur d’attraper la maladie, peur pour nos proches et en particulier pour nos aînés, peur de ne pas s’en sortir, l’incertitude sur l’avenir et en particulier pour certains métiers, le manque de relations sociales du à la fermeture des bars et restaurants, le couvre-feu à 18 heures, tout ce contexte pèse sur chacun d’entre nous et rejaillit sur notre vie au travail et notre vie de famille.

Manifestations sur le plan physique

Ces états de stress et d’angoisse se répercutent sur notre santé et engendrent des migraines, des difficultés à dormir, une perte de l’appétit, une baisse d’énergie.

Manifestations sur le plan émotionnel

Des sentiments d’inquiétude, d’insécurité dans nos rapports avec les autres et d’impuissance face à l’avenir peuvent se manifester. Une vision très pessimiste de l’avenir nous envahit conduisant alors à un état dépressif permanent.

Manifestations sur le plan comportemental

Ces troubles peuvent rejaillir sur notre vie de tous les jours, et en particulier au travail. On note en particulier des baisses de concentration, des difficultés à prendre des décisions, de l’irritabilité voire de l’agressivité, avec ses collègues par exemple, ou au contraire un repli sur soi. Pour palier à ces manifestations, la consommation d’alcool, de cigarettes et de psychotropes est en nette augmentation, ce qui ne fait qu’aggraver les symptômes et la situation.

Quelles solutions pour les combattre ?

Dans la vie quotidienne

Pour éviter la peur, la solution est de respecter les gestes barrières au maximum, porter le masque, se laver très souvent les mains, respecter les distances imposées. Prendre cette habitude pourra avoir un effet rassurant.

Essayer de vivre normalement, sans être accroché à la télévision, ne pas écouter sans arrêt les informations qui ne parlent que de cela. Se tenir informé, mais un minimum suffit. La pléthore d’informations est devenu quelque chose de très nocif.

Pratiquer un sport, dans la mesure du possible, est une bonne solution. Si ce n’est pas possible, marcher, courir, s’étirer, faire chez soi des mouvements de gymnastique. Le sport sert à éliminer le stress. Remplacer les sorties au restaurant par une alimentation saine, mais savoureuse, qui vous apporte du plaisir.

Dans les moments d’angoisse passagère, ne pas hésiter à appeler des amis pour parler de la situation. Partager vos angoisses avec quelqu’un vous aidera à les éliminer.

Pour ceux qui sont en télétravail, penser à faire des pauses, pause café, pause respiration. Mettre de la musique douce, aérer la pièce. Pour vous aider dans la gestion du stress, il est recommandé de faire dix minutes de méditation, au moins une fois par jour, ou de relaxation ou de respiration cardiaque. Ces méthodes sont excellentes pour faire baisser le stress et la tension.

En fait, profiter de ce temps inhabituel pour prendre soin de soi et de son entourage, réorganiser ce qui n’allait peut-être pas : réinventer des espaces temps, des repas, des distractions différentes.

En cas de plus grosses difficultés

Si vraiment vous vous sentez angoissé, si vous ne dormez plus, vous devrez peut-être vous faire aider.

Votre pharmacien, dans un premier temps, peut vous conseiller des tisanes relaxantes pour vous aider à dormir, ou des compléments alimentaires qui apaisent : passiflore pour soulager les états anxieux, valériane pour retrouver le sommeil.

Consulter son médecin traitant : si votre état s’aggrave, il vous orientera vers des professionnels adaptés : des séance de sophrologie pour vous apaiser, ou un psy avec lequel vous pourrez parler de vos angoisses.

Quelles solutions prendre en entreprises ?

Au regard de ces conseils pour la vie quotidienne, les entreprises doivent mettre en place des mesures afin de rassurer le personnel :

Prendre des mesures afin de limiter les risques de propagation du virus, rappeler les règles d’hygiène à respecter, par exemple avec des affichettes, mettre à disposition des masques, du gel hydro-alcoolique, respecter la distanciation des salariés en limitant au maximum les réunions et les déplacements.

Déployer et faciliter au maximum le télétravail et aider les employés dans cette nouvelle configuration.

Aider les salariés dans leur santé mentale en étant à l’écoute le plus possible et attentif à chacun d’eux. Réorganiser le temps de travail en laissant des plages pour la détente et les espaces pour que chacun se sente à l’aise. Dans les grandes entreprises, des activités de relaxation ou de méditation sont organisées entre midi et deux.

Des groupes de soutien ou de paroles ont été mis en place. De nombreux dispositifs comme des numéros d’information sur le Coronavirus et d’autres outils sont mis à la disposition des entreprises.

Le médecin du travail aura son rôle à jouer en orientant les personnes angoissées vers une cellule de soutien psychologique. La cellule de soutien psychologique PÔLE SANTÉ TRAVAIL a été créée pour accompagner les salariés qui souffrent de cette crise sanitaire.

Le Comité Social et Economique a été mis en place par les ordonnances Macron du 22 septembre 2017. Celui-ci est destiné à se substituer au Délégués du Personnel, au Comité d’Entreprise et au Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail d’ici le 1er janvier 2020.

Le CSE doit être mis en place dans toutes les entreprises d’au moins 11 salariés dans ce délai.

Le calcul des seuils d’effectif diffère de celui jusqu’ici utilisé. En effet, le seuil de 11 ou 50 salariés, doit avoir été atteint dans les 12 mois consécutifs qui précèdent l’élection (auparavant il fallait que l’entreprise ait atteint le seuil sur 12 mois, consécutifs ou non, pendant les trois années précédant l’élection).

Missions et compétences

  • Entre 11 et 49 salariés

Les compétences du CSE sont proches de celles attribuées aux délégués du personnel. Ainsi, le CSE a pour mission de présenter à l’employeur les réclamations individuelles ou collectives relatives aux salaires, à l’application du code du travail et des autres dispositions légales concernant notamment la protection sociale, ainsi que des conventions et accords applicables dans l’entreprise. Le CSE contribue également à promouvoir la santé, la sécurité et les conditions de travail dans l’entreprise. Le CSE peut saisir l’inspection du travail de toutes les plaintes et observations relatives à l’application de disposition légales dont elle est chargée d’assurer le contrôle.

  • Plus de 50 salariés

Les compétences du CSE sont plus étendues et sont proches de celles des Délégués du Personnel, du Comité d’Entreprise et du CHSCT.

Ainsi, le CSE a pour mission d’assurer une expression collective des salariés permettant la prise en compte permanente de leurs intérêts dans les décisions relatives à la gestion et à l’évolution économique et financière de l’entreprise, à l’organisation du travail, à la formation professionnelle et aux techniques de production.

 

Le CSE formule, à son initiative, et examine, à la demande de l’employeur, toute proposition de nature à améliorer les conditions de travail, d’emploi et de formation professionnelle des salariés, leurs conditions de vie dans l’entreprise ainsi que les conditions dans lesquelles ils bénéficient de garanties collectives complémentaires.

Le CSE est consulté sur :

  • Les orientations stratégiques de l’entreprise,
  • La situation économique et financière de l’entreprise,
  • La politique sociale de l’entreprise, les conditions de travail et l’emploi,
  • La mise en œuvre de moyens de contrôle de l’activité des salariés,
  • La restructuration et la compression des effectifs,
  • Le licenciement collectif pour motif économique,
  • L’offre publique d’acquisition,
  • Les procédures de sauvegarde, de redressement et de liquidation judiciaire.

Deux membres du CSE assistent avec voix consultative à toutes les séances du conseil d’administration et du conseil de surveillance. Ils peuvent également assister aux assemblées générales.

 

Formation

Les salariés qui sont élus au CSE pour la première fois bénéficient d’un stage de formation d’une durée maximale de cinq jours.

 

Réunions et heures de délégation

Le nombre de réunion du CSE est fixé par accord collectif. Elles sont au minimum de 6 par an. En l’absence d’accord, le CSE se réunit au moins une fois par mois dans les entreprises de moins de 300 salariés. Pour les autres, il se réunit au moins une fois tous les deux mois.

Lors des réunions, doivent être présents :

  • L’employeur ou son représentant,
  • Les membres de la délégation du personnel, ou à défaut leurs suppléants.

Les salariés membres du CSE bénéficient de :

  • 10 heures par mois dans les entreprises de moins de 50 salariés,
  • 16 heures par mois dans les autres entreprises.

Le temps passé en réunion du CSE est rémunéré comme temps de travail et n’est pas déduit de ces heures de délégation. Il en est de même du temps passé en formation.

Depuis le 1er janvier 2017, les formalités pour l’aménagement d’un espace de restauration sur le lieu de travail se sont clairement simplifiées.

Lorsque moins de 25 salariés désirent déjeuner sur leur lieu de travail, l’employeur doit prévoir un emplacement qui leur permette de se restaurer dans de bonnes conditions de santé et de sécurité.

Auparavant, réaliser un tel aménagement était compliqué car il nécessitait une autorisation de l’inspection du travail et du médecin du travail. Ces contraintes avaient pour conséquence que l’employeur ne remplissait pas son obligation en ne réalisant pas d’espace de restauration (et les salariés mangeait sur leur poste de travail, ce qui est interdit par la loi) ou en réalisait un mais ne demandait aucune autorisation.

A présent, une simple déclaration d’un tel aménagement auprès de l’inspection du travail et du médecin du travail suffit. Celle-ci doit être réalisée par « tout moyen permettant d’être certain de sa date de réception », soit une lettre recommandée avec accusé de réception. A compter du 1er juillet 2017 cette déclaration doit préciser le secteur d’activité de l’employeur, le nombre de travailleurs concernés ainsi que les caractéristiques des locaux affectés au travail et de l’emplacement de restauration.

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2016/10/6/ETST1620599D/jo
https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2017/5/4/ETST1713683A/jo/texte

Faisant suite à l’engagement d’Emmanuel Macron de simplifier le Compte Pénibilité lors de la campagne présidentielle, Edouard Philippe a annoncé les nouvelles dispositions qui devraient entrer en vigueur en 2018.

Sur les 10 facteurs de pénibilité existant, les organisations patronales jugeaient 4 d’entre eux extrêmement difficiles à mesurer:

-port de charges lourdes,

– postures pénibles,

– les vibrations mécaniques,

– les risques chimiques.

Pour ces 4 facteurs, il a été décidé que les salariés exposés pourront toujours avoir un départ en retraite anticipé à condition qu’une maladie professionnelle ait été reconnue avec un taux d’incapacité permanente de plus de 10%.

Pour les 6 autres facteurs (travail de nuit, travail répétitif, travail en horaires alternants, travail en milieu hyperbare, le bruit et les températures extrêmes), rien ne change : ils donneront toujours lieu à des points qui se cumuleront sur le nouveau Compte de Prévention et qui permettront aux salariés concernés de choisir entre 3 possibilités :

  • de suivre une formation pour une reconversion vers un métier moins pénible,
  • de travailler à temps partiel sans perte de salaire,
  • de partir plus tôt à la retraite.

Autre nouveauté : le financement ne sera plus réalisé par les employeurs mais par la branche accident du travail/maladie professionnelle, seule branche excédentaire de la Sécurité Sociale.

Stéphanie Perrichot

Le 10 juillet 2017

Jurisprudence

Cour de Cassation du 8 juillet 2014

L’employeur est tenu d’évaluer les risques pour la santé et la sécurité et de transcrire les résultats dans un document unique. À défaut, les salariés pourront obtenir des dommages et intérêts pour manquement de l’employeur à l’obligation d’établir le document unique.

Cour de Cassation du 25 octobre 2011

La cour confirme la condamnation d’un employeur à une peine d’amende de 10 000 euros pour document unique insuffisant. Il s’agit notamment de l’insuffisance d’appréciation des risques d’explosion. De plus, la cour précise que l’évaluation doit être faite par des personnes formées et compétentes et non par la comptable fusse-telle cadre dans l’entreprise.

Cour d’appel de Poitiers du 14 décembre 2010

Le dirigeant a été condamné à deux mois de prison avec sursis et à une amende pour manquements à l’obligation de sécurité et pour absence du document unique d’évaluation des risques.

Cour d’appel de Riom du 15 juin 2010

L’examen du « Document Unique relatif à l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs » fait apparaître que celui-ci n’a été élaboré que postérieurement à l’accident. Ce manquement de l’employeur à son obligation de sécurité entraine sa faute inexcusable.

Cour d’appel de Toulouse du 03 mars 2010

La Cour adopte que le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale a retenu la faute inexcusable en faisant rappel de la condamnation pénale pour omission d’établissement du document unique d’évaluation des risques.