Les défis professionnels des enseignants : une analyse approfondie

Les défis professionnels des enseignants : une analyse approfondie

Introduction : Le secteur de l’enseignement, qui englobe la formation des élèves, des étudiants et des adultes en formation continue, présente de nombreux risques professionnels. Dans cet article, nous nous concentrerons sur l’enseignement traditionnel, où les enseignants dispensent des cours à des enfants et des adolescents, ce qui constitue la principale source d’emploi dans l’enseignement primaire et secondaire.

Contexte légal : Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est une obligation légale pour tous les employeurs en matière de santé et de sécurité. Chaque école et établissement scolaire doit en posséder un, régulièrement mis à jour. Les chefs de service sont chargés de veiller à la sécurité et à la santé des agents placés sous leur autorité, en prenant les mesures nécessaires pour prévenir les risques professionnels.

Les risques professionnels des enseignants :

  1. Évolution constante du secteur de l’enseignement : Les enseignants doivent faire face à des réformes fréquentes, ce qui peut entraîner une saturation et un taux d’échec élevé dans la mise en œuvre de ces changements.
  2. Tendances sociales et technologiques : Les conditions de travail des enseignants sont affectées par l’évolution des technologies et des comportements sociaux. Les enfants d’aujourd’hui sont exposés à divers médias et ont des attentes différentes en matière d’enseignement. Les violences intrafamiliales, les jeux vidéo violents et les comportements agressifs reproduits en classe contribuent également aux risques professionnels des enseignants.
  3. Environnement professionnel complexe : Certains enseignants travaillent dans des banlieues difficiles, avec une diversité culturelle importante et des familles ayant des attentes disproportionnées. Les relations hiérarchiques et le manque d’autonomie peuvent également générer du stress.
  4. Risques psychosociaux : Les enseignants sont exposés à de nombreux facteurs de stress, tels que le manque de confiance en soi, la démotivation, le sentiment d’incompétence, le manque d’autorité, les relations hiérarchiques défavorables et les comportements violents des élèves et des parents.

Risques physiques spécifiques : Les enseignants sont également exposés à des risques physiques spécifiques liés à leur profession, tels que les troubles de la voix dus à une utilisation intensive, les pathologies veineuses ou dorsales causées par une position debout prolongée et les expositions liées aux disciplines enseignées.

L’obligation de dépôt dématérialisé du DUERP : Où en sommes-nous à trois mois de l’échéance ?

L’obligation de dépôt dématérialisé du DUERP : Où en sommes-nous à trois mois de l’échéance ?

À partir du 1er juillet 2023, les entreprises employant plus de 150 salariés auront une nouvelle obligation :

déposer le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et ses mises à jour sur un portail numérique national. Cette mesure, issue du dialogue social entre les partenaires sociaux, vise à renforcer la prévention en matière de santé et de conditions de travail.

Le contexte de cette nouvelle obligation Le DUERP a pour objectif de recenser collectivement les risques professionnels, notamment les expositions chimiques. Pour garantir une traçabilité sur 40 ans, il est nécessaire de conserver les différentes versions du document unique. C’est pourquoi les partenaires sociaux ont soutenu la création d’une version numérique du DUERP, conformément à la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021.

Les enjeux pour les entreprises Cette nouvelle obligation représente un défi majeur pour les entreprises. En effet, la traçabilité collective implique une transparence accrue et une meilleure visibilité de l’évaluation des risques réalisée par l’entreprise. Cela pourrait entraîner une intensification des contrôles et potentiellement des sanctions ou des responsabilités civiles/pénales. De plus, de nombreuses questions techniques demeurent en suspens, telles que l’interopérabilité avec le portail, la protection des données personnelles et la gestion des accès.

Le rôle des consultants formateurs indépendants dans le dépôt dématérialisé du DUERP Les consultants formateurs indépendants peuvent jouer un rôle essentiel en accompagnant les entreprises dans cette nouvelle obligation de dépôt dématérialisé du DUERP.

Voici quelques-unes des manières dont ils peuvent apporter leur aide :

Formation et sensibilisation : Les consultants formateurs peuvent proposer des formations sur le DUERP et son importance pour la santé et la sécurité au travail. Ils peuvent contribuer à sensibiliser les employés et les dirigeants sur l’importance de la traçabilité des risques professionnels et de la conservation des différentes versions du document unique.

Assistance technique : Les consultants formateurs peuvent également assister les entreprises dans les aspects techniques du dépôt dématérialisé du DUERP. Cela peut comprendre l’aide à la mise en place de systèmes de conservation des différentes versions du document unique, l’assistance pour assurer l’interopérabilité avec le portail numérique national et des conseils sur la protection des données personnelles.

Conseil stratégique Enfin, les consultants formateurs peuvent fournir des conseils stratégiques sur la gestion des risques liés à cette nouvelle obligation. Cela peut inclure des recommandations pour minimiser le risque de contrôles accrus, de sanctions éventuelles ou de responsabilités civiles/pénales.

Comprendre et prévenir les risques associés au travail de nuit

Comprendre et prévenir les risques associés au travail de nuit

Au cours des dernières décennies, le travail de nuit a connu une augmentation significative en France, comme le révèle une récente enquête (1). Le nombre de travailleurs de nuit en France est passé de 3 670 000 en 1982 à 4 370 000 en 2015. De plus, la part du travail de nuit habituel a presque doublé, passant de 24 % en 1982 à 42 % en 2015.

Une des raisons de cette augmentation est l’abandon de la législation qui limitait le travail de nuit des femmes à certains secteurs jusqu’en 2001. Cela a entraîné une augmentation de 150 % du nombre de femmes effectuant un travail de nuit habituel entre 1982 et 2015. Cependant, le travail de nuit présente des risques spécifiques pour la santé, qu’il est important de comprendre, d’évaluer et de prévenir.

La revue Hygiène & sécurité au travail consacre son édition de mars au travail de nuit et aux moyens de prévenir efficacement les effets néfastes sur la santé des travailleurs (2). Voici les points clés à retenir :

Risques pour la santé physique liés au travail de nuit :

Des études épidémiologiques et des recherches cliniques ont démontré que le travail de nuit était associé à des troubles du sommeil, entraînant une perte d’une heure de sommeil en moyenne par jour (3). Il augmente également les troubles de la vigilance et le risque de somnolence, ce qui expose davantage aux accidents du travail. De plus, le travail de nuit est associé à un sur-risque de cancer du sein chez les femmes et à des risques accrus de fausse couche, d’accouchement prématuré et de retard de croissance intra-utérine en cas de grossesse. Il est également modérément lié à une augmentation des maladies cardiovasculaires, de l’indice de masse corporelle, de l’hypertension artérielle et du risque d’ulcère à l’estomac.

Risques pour la santé mentale liés au travail de nuit :

Les travailleurs soumis au travail de nuit sont plus exposés aux troubles psychiques, tels que la dépression et les troubles anxieux. De plus, un rapport d’expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) en 2016 souligne les impacts négatifs du travail de nuit sur la vie sociale et familiale (4). Les horaires atypiques entraînent des difficultés d’organisation dans la vie extraprofessionnelle, des altérations des relations familiales et des perturbations psychologiques dues à la culpabilité et à la frustration engendrées par ces situations.

Perturbation du métabolisme causée par le travail de nuit :

Les effets néfastes du travail de nuit sur la santé s’expliquent par le fait que tous les êtres vivants suivent des rythmes biologiques. Notre corps est conçu pour alterner entre phases d’activité et de repos, ainsi que des phases de consommation énergétique élevée et faible au cours d’un cycle de 24 heures

Maladie Professionnelle : Rôles et Obligations de l’Employeur

Maladie Professionnelle : Rôles et Obligations de l’Employeur

Définition de la Maladie Professionnelle

Une maladie est considérée comme professionnelle si elle est mentionnée dans l’un des tableaux de maladies professionnelles de l’annexe II du Code de la Sécurité Sociale. Trois conditions doivent être remplies :

  1. Le délai entre la cessation d’exposition au risque et la constatation de l’exposition ne doit pas excéder le délai de prise en charge mentionné.
  2. Le salarié doit être exposé à des travaux susceptibles de provoquer la maladie.
  3. Le salarié doit avoir été exposé pendant une durée minimale.

Si ces conditions ne sont pas remplies, la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie est possible au cas par cas.

Maladie Hors Tableau

Une maladie professionnelle hors tableau peut être reconnue si le salarié prouve qu’elle est essentiellement et directement causée par son travail habituel, entraînant une incapacité permanente d’au moins 25%.

Exemples de Maladies Professionnelles Fréquentes

  • Troubles Musculo-squelettiques (TMS) : Affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail, regroupés au tableau n°57.
  • Cancer Broncho-pulmonaire : Provoqué par l’inhalation de poussière d’amiante, désigné au tableau n°30 bis.

Procédure de Déclaration et Reconnaissance

  1. Le salarié doit consulter son médecin traitant pour établir un certificat médical.
  2. Remplir le formulaire de déclaration de maladie professionnelle et le transmettre à la Caisse primaire d’assurance maladie (Cpam).
  3. Le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) peut reconnaître l’origine professionnelle de la maladie.

Rôle de l’Employeur

Pendant la Procédure de Reconnaissance

  • Informer le Comité social et économique (CSE) lorsque la maladie est reconnue pour permettre une enquête.
  • Mettre à jour le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUER) en cas d’apparition d’une maladie professionnelle.
  • Ne pas licencier le salarié en raison de sa maladie professionnelle, bénéficiant d’une protection contre le licenciement.
  • Organiser une visite de reprise dans les 8 jours suivant le retour du salarié au travail.

Déclaration d’Arrêt de Travail

  • Déclarer un arrêt de travail pour maladie professionnelle via la Déclaration Sociale Nominative (DSN) dans les 5 jours.
  • Verser des indemnités complémentaires au salarié en fonction de la durée de l’absence.

L’employeur est impliqué dans le processus, fournissant des informations sur les conditions de travail du salarié et coopérant avec les enquêtes éventuelles de la Cpam.

En cas de contentieux, l’employeur peut être condamné à réintégrer le salarié ou à verser une indemnité équivalente à 6 mois de salaire. Cependant, le licenciement est possible en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour des raisons indépendantes de la maladie professionnelle.

Améliorer la Gestion des Risques Professionnels dans les Entreprises

Améliorer la Gestion des Risques Professionnels dans les Entreprises

Introduction

Les employeurs portent la responsabilité de la santé et de la sécurité de leurs salariés au travail, une tâche de plus en plus complexe avec des obligations en constante évolution. Fidal propose une solution logicielle, Prévirisk RH, pour professionnaliser les pratiques tout en maîtrisant les coûts.

Cadre Légal

L’article L.4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre des mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs. Ces mesures comprennent la prévention des risques, l’information et la formation, ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

En cas d’accident ou de risque avéré, l’employeur est responsable, sauf s’il peut démontrer avoir pris les mesures générales de prévention nécessaires pour l’éviter.

Défis Actuels

Malgré la présence souvent d’un responsable HSE, l’organisation globale et transversale relative à la santé et sécurité au travail est souvent insuffisante. La sécurité au travail doit être partagée, impliquant tous les acteurs, y compris les salariés.

Les équipements, consignes et formations, bien qu’indispensables, ont des limites. Les juridictions exigent une « organisation adaptée », déployée dans le cadre d’un véritable projet d’entreprise, planifiée et déléguée.

La Solution Prévirisk RH by Fidal

  • Projet d’Entreprise: Prévirisk RH s’intègre dans un projet d’entreprise pour une approche globale.
  • Délégation et Planification: L’organisation est pilotée par délégation de tâches et planification d’actions.
  • Outil Numérique: Comparé aux fichiers isolés, Prévirisk RH offre une approche professionnelle grâce à une solution logicielle dédiée.

Partenariat et Leadership

Prévirisk RH by Fidal résulte de la collaboration entre les avocats de Fidal et Capi Consult, spécialistes de la prévention des risques. Sa qualité technique et son ergonomie conviviale en font un leader du marché.

Avantages pour les Entreprises

  • Paramétrage Personnalisé: Permet de piloter les risques d’un groupe de sociétés ou d’une PME.
  • Offre de Prix Pertinente: Fondée sur le nombre d’utilisateurs pour une maîtrise accrue des coûts.

Conclusion

Prévirisk RH by Fidal offre aux entreprises la possibilité d’évoluer sereinement vers une professionnalisation de leurs pratiques, garantissant une maîtrise accrue des risques et des sinistres liés à leur activité.

L’Inspection du Travail : Une Garantie Essentielle des Droits

L’Inspection du Travail : Une Garantie Essentielle des Droits

Rôle et Missions Fondamentales

L’inspection du travail joue un rôle central dans le contrôle de l’application des législations du travail. Ses missions principales comprennent :

  1. Respect des Normes : Vérification que les employeurs respectent les normes établies en matière de santé, de sécurité, et de conditions de travail.
  2. Prévention des Risques : Détection et prévention des risques professionnels afin d’éviter les accidents et maladies liés au travail.
  3. Lutte Contre l’Illégalité : Contribution à la lutte contre le travail illégal et les discriminations professionnelles pour assurer l’équité entre les entreprises.

Méthodes et Procédures

Le processus d’inspection suit généralement plusieurs étapes :

  1. Collecte d’Informations : Identification des entreprises ou secteurs nécessitant une attention particulière.
  2. Évaluation sur le Terrain : Sur le terrain, les inspecteurs évaluent les conditions de travail, interrogent les employés, et examinent les registres.
  3. Sanctions en Cas d’Irrégularités : En cas d’irrégularités, des sanctions sont possibles, allant de simples avertissements à des amendes ou des poursuites judiciaires.

Défis Actuels et Perspectives

L’inspection du travail est confrontée à divers enjeux :

  1. Adaptation aux Nouvelles Formes d’Emploi : Les formes d’emploi évoluent, notamment avec le télétravail, nécessitant des ajustements constants des méthodes d’inspection.
  2. Mondialisation des Entreprises : La mondialisation complique la tâche des inspecteurs, surtout avec les chaînes d’approvisionnement internationales.
  3. Opportunités de la Digitalisation : La digitalisation offre des opportunités, comme l’utilisation d’outils numériques pour la collecte de données et la formation à distance.

Importance de la Coopération Internationale

La coopération entre les organismes d’inspection à l’échelle mondiale est cruciale pour :

  1. Échange de Bonnes Pratiques : Partage d’expériences et mise à jour des compétences.
  2. Surveillance des Entreprises Multinationales : Surveillance facilitée des entreprises opérant à l’international.
  3. Établissement de Normes Communes : Élaboration de normes internationales renforçant la protection des travailleurs à l’échelle globale.

Formation Continue des Inspecteurs

La qualité de l’inspection du travail repose sur la compétence de ses agents. Ainsi, la formation continue des inspecteurs est essentielle pour :

  1. Familiarisation avec les Évolutions Législatives : Les tenir informés des changements dans la législation.
  2. Adaptation aux Nouvelles Formes de Travail : Les doter d’outils et de techniques innovants pour faire face aux évolutions numériques.

Conclusion : Vers une Protection Renforcée des Travailleurs

L’inspection du travail, par son action vigilante, garantit le respect des droits fondamentaux des travailleurs. Son adaptation constante aux évolutions professionnelles contribue à construire une société où les droits et la sécurité des travailleurs sont au cœur des préoccupations.

Prévention des Risques : Un Défi Collectif de Longue Haleine

Prévention des Risques : Un Défi Collectif de Longue Haleine

Campagne du Ministère du Travail

« Sécurité au travail : responsabilité de l’entreprise, vigilance de tous. » C’est le message clé de la nouvelle campagne lancée par le ministère du Travail. Cette initiative vise à mobiliser l’ensemble des acteurs du monde professionnel sur l’importance cruciale de la prévention des risques professionnels.

Contexte Alarmant malgré les Progrès

Malgré des progrès significatifs dans la prévention des accidents du travail au cours des dernières décennies, le nombre d’accidents graves et mortels reste préoccupant. En 2021, près de 640 000 accidents du travail ont été enregistrés pour les salariés du régime général et du régime agricole. Parmi eux, 39 000 étaient des accidents graves et 696 des accidents mortels, dont 37 impliquant des jeunes de moins de 25 ans.

Outre les conséquences humaines tragiques pour les travailleurs concernés et leurs proches, ces accidents ont un coût économique et social considérable. Ils entraînent la perte de 48 millions de journées de travail, 35 000 déclarations d’incapacité permanente, et représentent plus de 51 millions de jours d’arrêt de travail, avec un coût de 2,5 milliards d’euros en prestations de l’assurance maladie.

Nécessité d’une Mobilisation Collective

Le ministère du Travail souligne que la plupart de ces accidents ne sont pas inévitables. Une mise en œuvre efficace de mesures de prévention pourrait les éviter. Des facteurs tels que l’absence d’évaluation des risques, de mesures préventives, ou le manque de formation et d’information des travailleurs sont souvent en cause.

Approche Globale de la Prévention

La campagne insiste sur l’importance d’une « approche globale de la prévention », impliquant les employeurs, les travailleurs, ainsi que les acteurs de la santé au travail, y compris les préventeurs internes ou externes à l’entreprise.

L’évaluation des risques, transcrite dans le Document Unique d’Évaluation des Risques (DUER), est identifiée comme la première étape cruciale de la démarche de prévention. Cependant, elle ne doit pas être une fin en soi. L’évaluation doit inspirer des actions concrètes de prévention, intégrées dans le programme de prévention des risques pour les grandes entreprises ou dans la liste des actions de prévention pour les petites entreprises.

Cette approche souligne que l’évaluation des risques ne se limite pas à la conformité aux normes, mais elle s’inscrit dans une démarche dynamique de progrès continu. Les experts externes, tels que Point Org Sécurité, se positionnent comme des partenaires engagés dans l’accompagnement à long terme des entreprises pour relever le défi de la prévention des risques.

Le DUERP : un instrument essentiel pour la santé, la qualité de vie et les conditions de travail

Le DUERP : un instrument essentiel pour la santé, la qualité de vie et les conditions de travail

La Semaine annuelle pour la qualité de vie et les conditions de travail se déroule jusqu’au 23 juin, avec pour thème les transitions et le travail. L’UNSA est convaincue que le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) doit servir de base solide pour progresser dans ces domaines.

Les résultats d’une enquête menée par les services du ministère du Travail sur le DUERP, rendu obligatoire depuis 2001, sont jugés inacceptables par l’UNSA :

  • Seulement 45% des employeurs déclarent être en conformité, c’est-à-dire avoir établi le DUERP et l’avoir mis à jour au cours des 12 derniers mois.
  • Seuls 40% des DUERP en place font mention des risques psychosociaux.
  • Un peu plus de 50% des entités des fonctions publiques d’État et territoriale disposent d’un DUERP.

Malheureusement, même lorsque les DUERP sont effectivement en place et régulièrement mis à jour, peu d’entreprises et d’administrations prévoient l’évaluation des risques professionnels et les mesures de prévention qui en découlent.

La taille de l’organisation peut influencer la présence ou l’absence d’un DUERP, ainsi que sa mise à jour et les plans d’action préventifs qui y sont liés. Parfois par manque de volonté, souvent par manque de ressources humaines. C’est pourquoi, lors des Assises du travail, l’UNSA a demandé un meilleur soutien pour les petites entreprises et les petites administrations.

Parallèlement, notre organisation réclame des sanctions financières plus sévères, voire la conditionnalité des aides de l’État (exonérations de cotisations sociales, etc.) en cas d’inaction de la part de l’employeur.

L’UNSA insiste sur la nécessité de respecter l’obligation d’établir le DUERP, de le mettre à jour et de mettre en œuvre des mesures préventives qui en découlent. Ce document doit être un point de départ pour améliorer la santé des travailleurs, la qualité de vie et les conditions de travail. Il doit être élaboré en collaboration avec les travailleurs et leurs représentants, représentant un véritable diagnostic partagé pour prévenir les risques professionnels.

À la lumière des importantes transformations en cours dans le monde du travail, il est crucial que ces outils prennent en compte les risques psychosociaux, ainsi que les perturbations climatiques et écologiques dont les impacts sur la santé des travailleurs sont de plus en plus préoccupants et nécessitent une révision des modes d’organisation du travail.

Hyperconnexion au Travail : Entre Défis et Solutions

Hyperconnexion au Travail : Entre Défis et Solutions

Un constat alarmant

Une étude menée par l’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (OICN) révèle que les salariés français, en moyenne, envoient 38 courriels par semaine et en reçoivent 144. Cependant, cette hyperconnexion affecte davantage les managers et les dirigeants, mettant en péril leur santé mentale et la performance organisationnelle.

L’infobésité chez les Managers et Dirigeants

  • Courriels Intenses : Les managers envoient en moyenne 47 courriels par semaine et en reçoivent 194. Les dirigeants, quant à eux, sont à l’origine de 78 courriels hebdomadaires et doivent en traiter 331 dans leur boîte de réception. Cette surcharge informationnelle, baptisée « infobésité, » réduit considérablement le temps de concentration des managers à seulement 11 heures par semaine.
  • Effets Néfastes : L’infobésité génère du stress et de l’épuisement, constituant une véritable pénibilité numérique. Elle nuit également à l’efficacité organisationnelle et à la communication interne.

Impact sur la Santé et la Performance

  • Stress et Épuisement : La prolifération des courriels a des effets néfastes sur la santé psychologique des employés, créant un environnement stressant et épuisant.
  • Efficacité Organisationnelle : Seulement 16 % des courriels reçus font l’objet d’une réponse, et 25 % sont générés par le « Répondre à tous, » créant un « bruit numérique » peu efficace.

Évolution des Modes de Communication

  • Réunion Physique Résistante : En moyenne, les collaborateurs passent 2h47 en réunion chaque semaine, mais le temps en réunion a diminué de 8 % en moyenne grâce à l’essor des outils numériques collaboratifs.
  • Visioconférences en Hausse : Les salariés passent en moyenne 4h16 en visioconférence par semaine, avec des variations significatives selon le niveau de responsabilité.

Risques de l’Hyperconnexion

  • 31 % des Salariés Concernés : Actuellement, 31 % des salariés français sont exposés à une hyperconnexion élevée ou critique, dépassant ainsi les recommandations du droit à la déconnexion instauré en 2017.

Promouvoir un Usage Raisonnable des Outils Numériques

  • Droit à la Déconnexion : Malgré le droit à la déconnexion, les dirigeants se reconnectent en moyenne 117 soirées par an, soulignant la nécessité d’une meilleure régulation.
  • Usage Raisonné : L’Observatoire plaide pour un usage plus raisonné des outils numériques, soulignant notamment les effets néfastes des notifications constantes et la nécessité de prévenir les risques psychosociaux.

Conclusion

La banalisation des outils numériques appelle à une évaluation approfondie des risques encourus par les salariés et l’entreprise. Il est impératif de trouver un équilibre entre la productivité numérique et le bien-être des travailleurs.

Propositions de l’UNSA pour l’emploi des seniors et la prévention de l’usure professionnelle

Propositions de l’UNSA pour l’emploi des seniors et la prévention de l’usure professionnelle

La concertation sur la réforme des retraites a débuté avec un focus sur l’emploi des seniors et la prévention de l’usure professionnelle. Lors de cette réunion bilatérale, l’UNSA a présenté ses propositions visant à remédier à la situation, rappelant que la moitié des seniors ne sont plus en emploi au moment de prendre leur retraite. Plusieurs axes d’action sont nécessaires et urgents.

Améliorer le maintien en emploi des seniors

L’UNSA a suggéré au ministère du Travail les mesures suivantes :

  • Rétablir l’obligation de négocier des accords d’entreprise et de branche en faveur de l’emploi des seniors.
  • Créer un index dédié aux seniors.
  • Rendre obligatoire le rendez-vous du Conseil en évolution professionnelle (CEP) pour tous à l’âge de 45 ans (40 ans pour les salariés exerçant des métiers pénibles).

Faciliter le retour à l’emploi des seniors

  • Renforcer et cibler l’accompagnement des demandeurs d’emploi seniors.
  • Maintenir les dispositions actuelles de l’assurance chômage pour les seniors.

Les transitions entre l’activité et la retraite

L’UNSA demande le renforcement de l’accès à la retraite progressive et son extension à la Fonction publique.

Pour une meilleure connaissance de ces dispositifs, l’UNSA propose également que les employeurs et le Conseil en évolution professionnelle (CEP) soient tenus de fournir une information complète, et que les sites web des organismes de retraite intègrent une simulation de ces dispositifs.

Prévention de l’usure professionnelle et de la pénibilité

Les mesures préconisées par l’UNSA comprennent :

  • Rétablir le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P) en incluant à nouveau les 4 critères de pénibilité supprimés en 2017 (manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux).
  • Renforcer les contrôles dans les entreprises pour garantir la déclaration effective des expositions à la pénibilité.
  • Aménager les carrières et la fin de carrière des seniors en réduisant le temps de travail en fin de carrière et en interdisant l’exposition à la pénibilité au-delà d’un certain âge ou d’une certaine durée d’exposition.
  • Utiliser les excédents financiers de la branche accident du travail et maladie professionnelle pour financer des politiques de prévention des risques professionnels ambitieuses.